Vous avez dit le mot « édition » ?

Un article invité par Géraldine Munier

C’est une banalité d’affirmer que se faire éditer n’est pas une chose facile, surtout lorsqu’on écrit de la poésie. Il faut savoir se vendre, se montrer, apparaître dans les salons, les revues, les librairies, les associations, gagner des concours, avoir des relations ( ou un beau popotin ). Ou encore, il faut être un génie. Un génie si génialement génial qu’immédiatement, l’éditeur tombe amoureux de votre œuvre et la publie à des millions d’exemplaires !!! Puis, il l’offre aux crocs avides et creux d’un groupe. Or, au groupe on n’offre pas le génie, mais les recettes toutes faites, le fast-food de la création : amour, gloire et beauté ( sans oublier, bien sûr, sexe et violence ).

Tant pis pour le génie.

Une question moins banale ( car beaucoup plus personnelle ) serait : pourquoi un auteur veut-il à tout prix se faire éditer ?
être connu ????
gagner de l’argent ????
ajouter un livre de plus dans les rayons déjà pleins à craquer des libraires ?
trouver une certaine forme de reconnaissance ?
ou tout simplement et plus modestement, donner une forme aboutie à notre création, se dire que c’est fini, qu’on a fait quelque chose, qu’on a enfin donné forme à ce qui envahissait notre tête et ne demandait qu’à en sortir ?

Si la création est un acte essentiellement personnel, intime et sincère et qu’elle relève davantage d’un besoin impérieux et vital que du désir de plaire et de briller ; alors c’est la dernière réponse qui compte le plus ( il me semble ).

Dans ce cas, inutile de ruer dans les brancards, de s’affoler et de se demander : comment vais-je faire pour trouver un éditeur ?

Pas besoin d’éditeur.

Car, miracle de la modernité ! il existe maintenant des sites d’auto-publication gratuits ( comme lulu.com ) qui permettent de créer son livre, de le faire imprimer à la demande et d’avoir enfin un produit fini entre les mains.

Personnellement, c’est la solution que j’ai choisi d’adopter. J’ai écrit un recueil de poésie intitulé Le Pavillon Mélancolique. Il m’a fallu près de neuf ans pour en faire aboutir le contenu. J’ai publié des poèmes dans quelques revues, rencontré quelques poètes, gagné un concours de poésie assez important… Mais je savais que je serais incapable d’entamer la course aux éditeurs ( n’ayant ni une belle gueule ni une bonne langue ). Et pourtant, ce recueil me restait sur les bras, je sentais que je n’en avais pas fini avec lui. Ce n’est que quand je l’ai fait imprimer que je me suis sentie réellement satisfaite et libérée. Libérée du recueil et de tous les sentiments, de toutes les pensées et de tous les souvenirs qu’il représentait ( enfin, à peu près – l’histoire est plus longue et plus compliquée aussi – ). Satisfaite parce que c’est moi qui l’ai fait et qu’il a une forme, qu’on peut le feuilleter, le toucher ( et éventuellement le lire ). J’ai également créé un blog, du nom du recueil, pour le présenter sur internet. Et le tour était joué !

Alors, voilà, je ne suis ni plus connue, ni plus riche qu’avant mais je peux enfin commencer à passer, à penser à autre chose.

Vous trouverez ici le lien vers mon blog

 

 

 

 

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