Une révolution personnelle

Je ne crois pas aux révolutions de masse. Aucune solution unique ne peut convenir à tout le monde.

Je ne parle pas là d’une révolution politique. Je parle de révolutionner notre culture.

Je ne sais pas si j’ai un message à transmettre. Transmettre un message ne reviendrait-il pas à rechercher une révolution de masse ? Je cherche à mener ma révolution personnelle, à bouleverser ma propre culture. Je ne cherche pas à montrer l’exemple. Je montre un exemple.

Je ne réinvente pas la poudre. Tout ce que j’ai déjà dit ou fait au sujet de la création a déjà été dit ou fait par d’autres. Mais c’est parce que ces prédécesseurs ont montré leur exemple que j’ai pris la suite.

Voici les éléments de ma révolution personnelle :

+ Je veux éditer et promouvoir mes livres moi-même, parce que je suis fier de ce que j’écris et je suis libre de ne pas les confier à un gestionnaire de droit, et parce que je veux prouver que c’est possible.

+ Je veux que mes lecteurs puissent choisir de me lire parce qu’ils ont fait la démarche de se renseigner, et non parce qu’on aurait choisi à leur place ce qu’ils devraient lire.

+ Je veux permettre une vraie relation avec mes lecteurs, parce qu’une œuvre a un visage et n’est pas le produit d’une chaîne industrielle.

+ Pour que j’achète un livre, il faut dans la plupart des cas que j’ai pu voir l’auteur et échanger avec lui. Et je fais toujours un retour à ces auteurs après ma lecture.

+ Je fabrique mes propres livres pour prouver que c’est possible, que la qualité d’une œuvre ne se mesure pas au nombre d’exemplaires tirés, à sa reproductibilité, au prix de ses matériaux, à sa durée dans le temps, à son délai de livraison.

+ Je n’enregistre pas mes droits d’auteur, car dans ma révolution personnelle, la culture appartient à tous, et personne ne devrait demander la permission pour créer du nouveau à partir de mon œuvre. C’est dans cette optique que j’envisage de faire passer mes livres de la licence Creative Commons BY-NC au domaine public.

+ Je mets en ligne gratuitement la version texte pur de mes livres, car dans ma révolution personnelle, la culture est accessible aussi à ceux qui n’ont pas les moyens. Je veux croire que si je partage assez, je ne viendrai jamais à manquer. Je veux croire que c’est une évolution logique de la société, du moins celle à laquelle je veux appartenir.

+ Je ne cherche pas à multiplier le nombre de lecteurs en rentrant dans une logique industrielle, car dans ma révolution personnelle, les artistes ne sont pas diffusés à grande échelle, il y a de la place pour tout le monde.

+ J’échange avec d’autres créatifs et je fais du jeu de rôle parce que dans ma révolution personnelle, la créativité est accessible à tous et se partage, et chacun peut bâtir sa propre culture.

+ Je me lance dans de nouveaux projets ou formes d’art sans avoir de qualification, de diplôme, de talent, de matériel. Je pars de zéro et j’expérimente. Et je ne demande la permission à personne. Car dans ma révolution personnelle, tout le monde peut créer, et montrer ce qu’il crée, sans autorisation, sans compétence, sans co-optation, sans moyens. Je ne suis pas pour qu’on dégonfle l’ambition mais qu’on dégonfle les enjeux, hors de toute logique industrielle.

+ Je cherche à faire de la créativité un métier parce que dans ma révolution personnelle, on est libre de déterminer à quoi on veut occuper son temps, on a le droit de vivre dans la dignité sans se plier aux lois du marché, on a le droit d’œuvrer en cohérence avec sa passion et avec ses principes, on a le droit de changer de vie au lieu de payer en permanence les choix qu’on a fait dans le passé.

Je ne prétends pas que ma démarche exclut tous les autres. Je ne défends pas la disparition des éditeurs, des producteurs, des imprimeries, des distributeurs, des droits d’auteur et des gestionnaires de droits.
Je veux juste m’en passer au sein de ma révolution personnelle, et voir à quoi ressemble cette autre culture à laquelle je veux participer.

Je ne prétends pas juger les démarches qui divergent de la mienne. Le monde est trop complexe pour que je puisse le juger, et quand les arguments de la raison se contredisent, il ne me reste que les arguments du coeur pour choisir.

Je veux croire que ni ma démarche ni celles qui s’y opposent ne sont vouées à l’échec, car si c’est le cheminement qui est important, alors l’échec n’existe pas.

Je ne prétends pas que je maintiendrai toujours le même cap ou que je ne me contredirai jamais. Je fais avec le mental que j’ai aujourd’hui, et j’ai toute une vie pour apprendre.

Je ne prétends pas que quiconque doive m’imiter. Mais je suis heureux de montrer ce que je fais, que vous souhaitiez juste l’apprécier, vous en inspirer, ou en diverger.

Et je suis heureux qu’on vienne me donner des conseils ou me montrer des modèles différents.

Voilà à mon échelle personnelle ce que je veux révolutionner dans ma culture. Et je suis impatient de découvrir à quoi ressemble votre propre révolution personnelle.

5 réflexions au sujet de « Une révolution personnelle »

  1. Le grog m’a ouvert les portes de votre blog. J’aime beaucoup votre introduction. Inflorenza est intriguant. Je vais avec plaisir le découvrir.

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