Transmettre par les lignes

Un article invité par Redpaln

Le processus créatif chez moi….est …compliqué. J’ai touché un peu à tout, j’ai écris des nouvelles (pas tellement bonnes) j’ai conçu des univers détaillés et réalistes (un peu mieux) mais j’ai surtout décidé de m’investir dans ce que je pense faire de mieux, ce que j’appelle mes “illustrations calligraphiques”.

Ma façon de travailler est un peu “particulière”. La plupart du temps, les illustrations ne sont pas faites pour exister “seules”. Elles prennent, quasiment toutes, vie avec la musique sur laquelle je les ai créées.
Au delà de l’aspect très graphique de mon travail, c’est une des particularités de mes illustrations auquel je tiens particulièrement. Je mentionne toujours le morceau attaché aux illustrations, et j’espère secrètement que les gens prennent la peine de l’écouter pour vraiment comprendre et saisir le sens profond de ce que je leur propose.

Justement, comment je travaille?
La plupart du temps, tout commence avec un morceau. J’utilise tout les styles, autant du hard métal, que du baroque, du jazz, de l’electro… Je n’ai pas de barrières avec ça. Parfois je choisi cette musique, parfois je demande à ce qu’on m’en propose que je ne connais pas. Je m’imprègne de l’ambiance de ce morceau (je peux le mettre en boucle le temps de la réalisation du dessin, parfois….deux heures….[j’ai un chéri compréhensif ^^ ]) et je “lâche la bride”.

La plupart du temps, la première phase, le croquis est une phase aléatoire. C’est à dire que moi même, je ne sais pas très bien ce qui va en sortir. Je commence systématiquement par la tête, le regard, le mouvement. Et je me laisse guider par ce que la musique m’inspire.
Parfois, le personnage va être très posé, parfois extrêmement étiré, mobile, voir désarticulé. En fait, je commence à “voir” ce qui va arriver quand je “suis” sur les épaules.
C’est un processus très particulier, et assez difficile à expliquer… Comme si je me servais de la musique en fond comme de raisin que je presserai pour en faire du vin. Il est difficile de savoir quel goût aura le vin avant que le raisin ne soit pressé 🙂

Une fois que le croquis de base est réalisé, commence une sorte “d’enluminure”. Autant le croquis peut être réalisé en 5 ou 10 minutes selon que l’ambiance musicale est inspirante, autant la deuxième phase est longue et fastidieuse… d’une à deux heures.
Elle consiste à reprendre chaque ligne (oui oui, chaque ligne) du croquis initial et à la “calligraphier” c’est à dire à lui rajouter des plats et des déliés, à augmenter ses courbes et ses arrondis, et à les rectifier pour qu’elles soient le plus “fluides” possible. Je veux vraiment que tout semble comme porté par un courant, que toutes ses lignes se mélangent élégamment, sans rien alourdir. Parfois, les lignes sont plus agressives, moins douces et rondes, mais c’est toujours dans le soucis de coller à mon ressenti intérieur sur la musique que j’associe à ce travail.

Une fois cette deuxième phase terminée, je j’ai plus qu’à appliquer un léger ombrage autour du ou des personnages.
Une de mes “règles” et que je ne reviens jamais sur une illustration une fois que je l’ai terminée. Je l’ai fait une ou deux fois et ce n’était pas très heureux, on peut même dire que j’ai eu l’impression de gâcher ce que j’avais fait.
En exagérant énormément, on pourrait dire que je travaille dans une sorte de “transe”. Je dis en exagérant, parce que je ne suis pas dans un autre “état d’esprit”, mais je me laisse porter par le courant des émotions suscitées par le morceau que j’ai choisi.

(ci-dessous, Corso, inspiré par la B.O. de la série Inquisitio)

 

 

A mon avis, on peut trouver mes illustrations intéressantes en elles même, mais je pense qu’elles ne prennent leur véritable dimension que si on les observe en écoutant leur BO, et qu’on ne peut vraiment les comprendre si on n’a pas cette clé.

La musique pour moi est le moteur de mon imagination. J’ai créé des scénarios entiers de jeu de rôles sur des morceaux qui m’interpellaient. Je leur ai parfois rajouté des personnages atypiques après avoir écouté un passage sur lesquels une personnalité se construisait petit à petit. C’est donc tout naturellement que j’ai fini par appliquer ce principe dans mes illustrations.

Il m’arrive parfois (et j’espère de plus en plus) de travailler sur commande. Je demande qu’on m’explique ce qu’on attend de moi, et si possible, un nom de morceau, qui pour le “client” représente l’état d’esprit ou le but de cette commande. J’ai par exemple réalisé un faire part de mariage en basant sur les indications textuelles de la personne, mais surtout en essayant de la comprendre par l’écoute du morceau qu’elle m’a indiqué les représenter le mieux, elle et son futur mari.

Je pense que la création est multiple. L’ouïe, la vue, le toucher, parfois même l’odorat, même si cela est plus difficile à associer véritablement, tout cela peut être mêlé pour former une ambiance, une atmosphère, un sentiment profond (il n’y a qu’a voir les BO de films, ou de jeux vidéos qui sont primordiales pour faire “passer quelque chose”) ou tout simplement une émotion.

Je dirais que c’est la finalité de ce que je crée : faire de mon papier et de mon crayon un réceptacle à émotion, qui, si on y utilise la bonne clé musicale, s’ouvre et peut s’épanouir chez chacun. Peut-être de manière complètement différente, mais mon but est alors atteint : provoquer quelque chose.

Redpaln
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