Téléchargez-moi

Comme je l’ai dit dans mon précédent article La maison reste ouverte pendant les travaux , je suis en train de repenser mon modèle d’indépendance. En vérité, je serai toujours en train de le repenser. Je pense être porté autant sur le doute que sur l’écoute, je suis également persuadé qu’aucun système immobile ne peut perdurer bien longtemps. Outsider est une entité en perpétuelle mutation. La seule chose certaine en ce monde, c’est le changement.

Quand j’ai commencé à publier, je me suis basé sur un modèle à trois formes : livre en impression à la demande, téléchargement payant du pdf complet (même contenu que le livre) ou complet, et téléchargement gratuit du pdf incomplet (soit une version en texte pur, soit une version abrégée du pdf complet).
Aujourd’hui, j’arrive à un constat : si j’ai des retours de lectures de ceux qui m’achètent des pdf et des livres (et je leur en remercie, tout commentaire m’est précieux pour me donner la force de continuer et de progresser encore), je n’ai pas de retour de lecture de ceux qui téléchargent la version gratuite. Comme mon serveur ne dispose pas de compteur, j’ignore combien de pdf sont téléchargés gratuitement. Cela n’est pas le problème car primo j’aime autant avoir un indicatif de moins à suivre et deuxio je sais qu’il y a toujours un fossé entre le nombre de pdf téléchargés gratuitement et le nombre de pdf effectivement lus. Moi-même, je télécharge énormément de pdf et si j’en lis quelques uns, beaucoup sont sur mon disque dur depuis des années et ne seront probablement jamais lus. Quand bien même j’estime qu’ils ont un contenu de qualité ! Les choses évolueraient sans doute si j’avais une liseuse mais pas à un point révolutionnaire : force est de constater que j’ai une bibliothèque de pdf supérieure à ma capacité de lecture.

Aujourd’hui, j’hésite entre deux options : maintenir le système actuel de publication en trois formes, ou supprimer les téléchargements gratuits pour créer une formule « satisfait ou échangé » : ceux qui achèteraient un pdf ou un livre mais seraient déçus de la lecture recevraient un autre de mes pdf en compensation. Je proposerais ça car je préfère les retours négatifs à l’absence de retour : ils sont l’occasion d’échanges et de moments humains, comme je l’évoque dans Lettre ouverte à tous les vents .
Mais je ne souhaite pas prendre cette décision tout seul. Si certains d’entre vous utilisent les pdf gratuits, merci de m’en faire part et de donner votre avis. Ceux qui m’ont déconseillé de proposer du téléchargement libre sont aussi invités à redonner leur point de vue. Je veux avant tout proposer le meilleur service à mes lecteurs. Peut-être est-il trop tôt pour en juger ? Je dois quand même commencer à poser la question.

Cette question n’est pas anodine car à l’heure où je vous parle, je réfléchis sérieusement à l’éventualité d’être auteur à temps plein. Je dois trouver comment dégager des revenus, sous quelle forme. Etant post-matérialiste, je n’ai pas des besoins financiers importants. Je ne souhaite pas non plus brader ma position sur le libre partage des idées et donc je ne remettrai pas en cause le placement des écrits sous licence creative commons. Mais il est évident que si je n’ai plus d’activité salariée, je dois trouver d’autres façons de subvenir au quotidien. Cela m’impose d’avoir une attitude rationnelle. Quitte à réaliser que les revenus des droits d’auteur ne suffiront jamais et m’orienter vers d’autres stratégies ? Par exemple, assurer des conférences et des ateliers ne me déplairait pas, pour avoir déjà pratiqué l’exercice. Je ne me ferme pas non plus la porte à une modification de mon modèle de publication, où à des collaborations ponctuelles avec des éditeurs.

Le temps ne presse pas. Aujourd’hui, j’ai déjà le plaisir d’être parvenu à concilier mon activité professionnelle, personnelle et créatrice. Sans avoir un lectorat immense, j’ai aussi déjà le plaisir d’échanger avec un public, ce qui me paraissait presque inconcevable il y a un an. Mais tout ceci apporte de l’adrénaline qui donne férocement envie de se projeter en avant. Je crois qu’il est meilleur pour l’équilibre du monde que chacun se consacre à se qu’il aime et sait le mieux faire. Et c’est bien mon intention, plus que jamais.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *