Saison 4, le bilan

Une saison 4 riche en événements créatifs et personnels. Créativité à temps plein, préparation d’une nouvelle vie (père et propriétaire), minimalisme, révolution créative, jeu de rôle… Voici l’heure du bilan, de juin 2015 à juin 2016.

Il y a un an, je quittais mon travail salarié pour tenter l’aventure de la créativité à temps plein. Je n’ai aucun regret, sinon d’avoir tenté si tard. Et même ceci est loin d’être un regret : seul compte le présent. Il n’est pas de temps perdu, il n’est que du passé.

Au cours de cette année, j’ai eu le bonheur d’accomplir beaucoup de choses. Avec une belle part de projets imprévus, et des projets de plus longue date reportés. Mon programme, non programme fut bien rempli.

Je vais commencer par deux changements importants dans ma vie personnelle, qui vont durablement impacter ma vie. Avec mon épouse, nous faisons construire une maison. Elle est presque finie, on emménage en septembre. Ce sera un premier pas vers l’autonomie à long terme. En attendant, il faudra rembourser le prêt mais le montant correspond à ce qu’on verse aujourd’hui en loyer.

L’autre événement marquant de cette saison a été la grossesse de mon épouse. Depuis le 1er juillet, nous avons un fils. C’est un immense bonheur et c’est quelque chose qui nous change à jamais.

Toujours au rayon personnel, je me suis efforcé de mettre plus de compassion dans ma vie. La violence est imprégnée jusque dans notre langage, c’est pour cela que je travaille à adopter la communication non-violente. Elle consiste à exprimer ses sentiments et ses attentes tout en cherchant à comprendre celles des autres. Je m’applique aussi à désamorcer les conflits en apportant toutes les informations possibles, en évitant les formules négatives. Après trois ans de régime végétarien, je viens de passer au régime végétalien. Je suis comblé d’avoir franchi ce pas, et je ne me suis jamais fait autant plaisir en mangeant. Et je n’ai jamais été aussi mince ! 73 kg pour 1m85, alors qu’à une époque j’en faisais 106.

Quand je suis passé créatif à temps plein, j’ai émis le vœu de consacrer davantage de temps à mes proches. Je me suis enfin mis sérieusement à cuisiner. Cela me fait très plaisir de m’exprimer de la sorte et de pouvoir offrir un peu à mon tour, moi qui me suis fait nourrir quasiment toute ma vie durant.

Toujours dans cette idée de réduire ma violence, je prends garde à éviter d’émettre des jugements ou de blesser des personnes. C’est une habitude que j’ai pu avoir dans la sphère des auteur.e.s de jeu de rôle. On peut s’y sentir invité à émettre des critiques sur les travaux des un.e.s et des autres. J’ai pu me mêler de le faire, en public ou en privé. Je pensais que prendre certaines précautions suffirait, mais il m’arrive encore de blesser des personnes quand j’émets des critiques. C’est pour cela que je vais cesser d’en faire. Je sais ce que je ressens quand j’apprends qu’une personne s’est sentie blessée à cause d’une de mes critiques et ça n’en vaut pas la peine.

Le principal défi de cette saison 4 était de mettre en place une routine pour consacrer un maximum de temps à des activités créatrices sans perdre de vue mes proches. Mon planning, non-planning quotidien était conçu en ce sens. Bien sûr, j’ai connu certains dérapages, certains jours j’ai regretté d’avoir trop travaillé. Et d’autres, d’avoir trop travaillé ! Mais dans l’ensemble, je m’y suis tenu. Le soir, je racontais ma journée à mon épouse. C’est une bonne façon de se motiver : se demander si on sera satisfait de raconter notre journée le soir venu. Au final, je retiens une seule règle pour ordonner une journée : faire de son mieux.

Les principales entorses à mon planning furent du vagabondage sur internet. J’ai tenté différentes méthodes pour le limiter, car mon engagement à attendre 15H pour utiliser internet était loin de tenir tous les jours. Avec le recul, ce qui fonctionne le plus, c’est de baisser le volume des choses que je peux consulter. C’est un mélange de discipline, comme cesser de consulter certains types de sujets sur les forums, et d’automatisme, comme diminuer le nombre de personnes que je suis sur les réseaux et qui pourraient partager des contenus sources de distraction. C’est vraiment une chose à laquelle je vais veiller drastiquement.

L’autre source de distraction que je dois combattre, c’est la tentation de vagabonder sur internet quand je dois faire une courte recherche, par exemple pour une règle de conjugaison ou d’orthographe. Ma solution : dédier ces recherches à un navigateur précis (dans mon cas, Mozilla Firefox) pour éviter d’être tenté de faire un tour sur mes favoris sur internet, qui sont sur d’autres navigateurs.

En suivant mon planning, non-planning, j’ai beaucoup plus d’énergie qu’à l’époque où j’avais un travail salarié, car je peux faire une sieste de 1/2 h à 1h après le déjeuner. Le matin, je me lève à 7h avec beaucoup d’entrain, sans même besoin d’un réveil. Je fais de l’exercice régulier, c’est une grande source d’énergie.

Depuis que je suis créatif à temps plein, on me demande souvent comment je gagne ma vie. Ma réponse : au lieu de gagner ma vie, j’achète ma liberté. Je m’affranchis de l’obligation de revenu grâce à la sobriété heureuse. En dépensant le moins possible, je suis plus libre de mes choix. Quand je choisis une activité, je réponds à ma passion et non au besoin d’être rémunéré. Je mets la priorité à ce qui peut profiter au plus grand nombre, plutôt qu’à ce qui peut profiter à un seul commanditaire.

Bien sûr, même si mes besoins sont faibles, je suis loin de vivre de création et d’eau fraîche. J’ai des sources de revenu temporaires avec l’aide à la création d’entreprise et avec mon épargne, qui me garantissent plusieurs années d’autonomie. Les livres artisanaux et mes quelques revenus d’auteurs forment une base de chiffre d’affaires, et comme toujours je sollicite votre soutien en complément.

Sur cette année, mon activité de créatif est à l’équilibre financier. Cela signifie qu’une fois soustraites de mon chiffre d’affaires les charges de fonctionnement, les frais, les matières premières, les charges sociales et les impôts, mon activité de créatif ne me coûte rien et ne me rapporte rien. Je tiens un registre de mes charges et de mes recettes, mais je ne fais jamais le bilan.

C’est une estimation, car je veux rester affranchi des considérations financières. Mon seul indicateur financier, c’est l’argent qui reste sur mon compte. Je le divise par mon niveau de dépense mensuel, et cela me permet de savoir combien d’années d’autonomie il me reste. Je sais ainsi que j’ai 2,5 années de trésorerie d’avance et qu’il me reste aussi 1,5 années d’aide à la création d’entreprise, ce qui fait 4 années d’autonomie au total.

 

Voici les créations que j’ai faites durant cette saison 4. Autant avertir : c’est avant tout du jeu de rôle. J’ai publié plusieurs choses dans l’univers forestier de Millevaux :
+ Odysséa (revivez l’épopée d’Ulysse dans une mer en ruines envahie par la forêt)
+ Inflorenza Minima (le jeu de rôle des contes cruels dans la forêt de Millevaux)
+ Millevaux Mantra (guerre et contagion entre univers forestiers)
+ L’Almanach (un calendrier d’historiettes liées à Millevaux, ouvrage petit en taille mais très important pour aller plus loin dans cet univers.)
+ Civilisation (un descriptif de Millevaux vu sous l’angle de la société des hommes et des femmes.), qui est en fait une troisième édition d’un guide d’univers pour Millevaux, d’abord paru en version numérique, puis en annexe de Millevaux Sombre et Inflorenza, et enfin en format livre, dans une version réactualisée.

Inflorenza Minima et l’Almanach sont parus seulement en version numérique pour le moment.

J’ai aussi publié la deuxième édition du jeu de rôle Dragonfly Motel (un jeu-mirage pour voyageurs imprudents). La première édition était seulement en version numérique, la deuxième est augmentée d’une variante des règles et comporte une nouvelle maquette, plus didactique.

Le placement de mon œuvre dans le domaine public a porté ses fruits. De nombreuses œuvres dérivées ont vu le jour :
+ Le Monde des Brumes d’Olivier Senillou, un jeu de rôle pour héros du sabre légendaires.
+ A Night in the Woods, par Dino Van Bedt, B.O. post-americana pour l’univers de Millevaux.
+ Le Porte-Bonheur, par Dino Van Bedt, nouvelle dans l’univers de Millevaux.
+ Millevaux Hex, par Dino Van Bedt, jeu de rôle tactique à l’ambiance années 90 dans l’univers de Millevaux.
+ Les Remémorants, par Steve Jakoubovitch, le jeu de rôle des chasseurs de souvenirs dans la forêt de Millevaux.

+ Millevaux Âge de Pierre, par Michel Poupart, un jeu de rôle pour faire du post-apocalyptique préhistorique dans l’ambiance de Millevaux.
+ La B.O Dark : séjour au Dragonfly Motel, par Weydo, album de lutherie électronique inspiré par Dragonfly Motel, assorti de concerts-lectures basés sur mes textes de Glossôs et d’Erreurs de Jeunesse (un premier concert en mars, et un autre prévu en octobre à la Philharmonie de Paris)

Millevaux Mantra est de ma plume mais c’est en quelque sorte une création issue du principe de domaine public volontaire, et qui utilise comme base Mantra Zéro, par Batronoban, un texte dans le domaine public volontaire. Le jeu était une commande par Batronoban, mais j’ai accepté à condition que Millevaux Mantra soit dans le domaine public, comme je demande toujours pour les textes courts.

D’autres projets sont en développement :
+ Les Sels de Millevaux, de Yoann Calamai, est un jeu de rôle où l’on incarne des alchimistes rongés par l’achèvement du Grand-Œuvre dans l’enfer forestier de Millevaux. Cette collaboration est particulière puisque Yoann a écrit le prototype et c’est moi qui l’ai testé, dans une campagne à suivre sous forme de comptes-rendus de partie et d’enregistrements, qui fait partie de mes meilleurs souvenirs rôlistes.
+ D’autres œuvres dérivées sont en gestation, certaines dont j’ignore jusqu’à l’existence, et c’est encore cela la meilleure surprise du domaine public : découvrir un beau matin qu’une personne a fait une œuvre dérivée.

J’ai aussi massivement testé. Deux à trois parties par semaine en moyenne. J’en ai gardé trace en publiant un compte-rendu par partie. A un moment donné, cela a pris quelques délais, et donc aujourd’hui je publie seulement des comptes-rendus de parties datant de février.

Pour résorber ce délai et aussi m’économiser du temps pour d’autres créations, notamment les livres, je vais tenter une diète de test pendant six mois. Je ne jouerai à mes propres jeux qu’en convention, avec compte-rendu à la clé. Le reste du temps, je jouerai aux jeux des autres, sans faire de compte-rendu. En allant voir ailleurs ce qui se fait, cela me fera progresser en game design et cela me fera changer d’air par rapport à mes univers personnels. Cette diète vous sera invisible : j’ai 3 ou 4 mois de comptes-rendus en attente de publication, assez pour faire la jonction avec ma reprise des tests.

Les comptes-rendus prenaient du temps. Si je jouais 4h, il me fallait 2H pour rédiger le compte-rendu. Et je créais un nouveau photomontage pour chaque compte-rendu. Vers la fin de la saison, je me suis économisé. J’ai chronométré la rédaction des comptes-rendus pour éviter de dépasser 1H trop souvent, après quoi je considère que le compte-rendu a exigé trop de temps, et qu’il est trop long à lire. J’ai aussi abandonné l’idée de faire un photomontage à chaque fois. J’adore faire des photomontages, j’ai monté en qualité avec la pratique, et ils me resserviront pour un livre, mais en moyenne un beau photomontage me prend 2H, cela devenait intenable. Autant de temps pris sur la rédaction de livres. Cela explique en partie que malgré une année de création à temps plein, je n’ai publié que des livres de taille modeste. La saison prochaine, j’ai besoin de temps pour aboutir des projets plus copieux, comme Arbre, l’Atlas ou Marchebranche.

Je crois très fort en l’utilité des comptes-rendus de partie. Ils forment un exercice de pensée pour moi, ils sont une lecture plaisir et une aide de jeu pour le public. Un jeu comme Inflorenza bénéficie à ce jour de 85 comptes-rendus de partie publics de ma plume et 35 d’autres tables de jeu. C’est une banque de données d’un volume quasi-encyclopédique, qui démontre la profondeur du jeu. Et encore, j’ai quelques comptes-rendus tout à fait innovants en attente.

J’envisage aussi de compiler les volets narratifs de mes meilleurs comptes-rendus dans l’univers de Millevaux sous la forme d’un recueil de nouvelles.

Quoiqu’il en soit, sachez que ces comptes-rendus représentent beaucoup d’efforts. Merci de me faire savoir que vous les lisez, ou de me dire ce qu’ils vous apportent, cela me confortera dans ma motivation à poursuivre l’exercice. J’évite de privilégier une création parce que les retours sont plus nombreux que sur une autre : je veux être indépendant de mon public pour pouvoir mieux le surprendre. J’évite aussi de me focaliser sur les chiffres, de consacrer du temps à traquer quelle page est la plus vue. Pour autant, tout retour me redonne de l’énergie. Échanger avec chaque personne de mon public est toujours une chance unique.

J’ai aussi continué à enregistrer mes séances en ligne. Sur ma chaîne YouTube, vous pouvez trouver une quantité d’enregistrements, sur de nombreux jeux, y compris les jeux des autres, comme Lady Rossa de Macbesse ou The Agents de Magimax.

Qui dit playtest dit développement : les livres publiés cette année ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La partie cachée, ce sont les jeux en développement :
+ Arbre, clochards magnifiques dans les forêts hantées de Millevaux : J’ai fini une série de tests de 24 séances. Le jeu sera motorisé par Inflorenza Minima avec toutes les choses qui font le sel d’Arbre : incarner des clochards avec un lourd vécu (matérialisé par des post-it) et une voix persistante dans la tête, le Goupil, incarné par une autre joueuse. Le jeu est rédigé sous forme de notes sur mon tableau de bord, reste à le mettre en forme et rédiger les exemples.
+ Wonderland, dans le piège des réalités : J’ai bien avancé aussi. Après 13 playtests, je crois que je pourrais rédiger le jeu sans playtester davantage. Il reste à mettre au propre mes notes et rédiger les exemples.
+ Empreinte & Horlas, dernier.e.s grognard.e.s des forêts maudites de Millevaux. Mon ambition était de produire un jeu de rôle tactique et rugueux qui puisse se jouer sans préparation et qui mette les méninges des joueuses à rude épreuve. La tâche s’est avérée difficile, parce qu’éloignée de mon cœur de savoir-faire en game design. Le jeu a changé de règles presque à chaque test, et au final il a même changé de nom, pour devenir Grogne. J’ai stoppé les tests car j’ai échoué à caler des règles qui me satisfassent. J’ai mis le projet en sommeil pour me concentrer sur des projets que je maîtrisais mieux. C’est un soulagement d’avoir pris cette décision. J’ai laissé ma passion du moment décider plutôt que de rester esclave d’un ancien projet. Grogne reviendra un jour !
+ Marchebranche, aventures initiatiques dans un monde de forêts en clair-obscur : C’est mon dernier projet en date. J’avais des idées d’ambiance médiévale-fantastique en tête depuis un moment, qui soit dans la veine de la bande dessinée La Malédiction des 7 Boules Vertes de Laurent Parcelier, une œuvre qui m’évoque beaucoup de nostalgie. Un jour, j’ai eu l’idée de fusionner le concept avec Millevaux et à partir de là, tout a coulé de source. Après une belle série de 18 tests, le jeu est déjà complet sous forme de notes. Comme Arbre et Wonderland, il reste à le mettre au propre et à rédiger les exemples.

Ma diète de playtests devrait me permettre de me dégager du temps pour rédiger des versions brouillon de ces trois jeux.

Autre activité de cette saison, ce fut les tournées. Le concept : passer un gros week-end dans un ville et enchaîner les démos, les rencontres et les événementiels. C’est avec une tournée parisienne que j’ai entamé la saison 4 et au final, j’ai fait 3 tournées à Paris, 1 à Rennes, 1 à Nantes. Ce sont des événements riches en émotions, très stimulants d’un point de vue humain et créatif, le parfait complément des conventions en matière de rencontre avec le public.
Cela me sera difficile d’en faire autant pendant la saison 5, mais je compte bien en faire. Je pousserais bien le vice jusqu’à faire une tournée sur Toulouse ou Montpellier, faites-moi savoir si vous trouveriez un intérêt.

J’avais une grande envie de multiplier les tables rondes et les conférences. Sur ce plan-là, j’ai été gâté. J’avais pour projet de faire des conférences sur la créativité mais j’ai reporté. Il me fallait un support pour amener le concept. Ce support, ce sera le livre La Révolution Créative, que je pense sortir durant la saison 5. Le brouillon du livre est déjà rédigé, mais je repoussais toujours sa mise au propre. C’est pour cela que j’ai commencé à le diffuser en feuilletons sur le blog Outsider. La sortie du livre coulera ensuite de source, et le cycle de conférences qui ira avec.
Si vous souhaitez m’inviter en 2016/2017 sur ce genre d’événement, faites-le moi savoir, quelque soit l’endroit. Cela m’intéresse de parler de créativité, mais aussi de game design en jeu de rôle ou de cultures de l’imaginaire.

Je voulais aussi faire des podcasts, un exercice qui me passionne depuis les fois où j’ai été invité sur le podcast de La Cellule. J’ai eu le plaisir de piloter une belle série de podcasts, les Podcasts Outsider, où j’ai pu explorer quelques dossiers de fond avec des personnes passionnantes. J’ai cependant suspendu l’exercice jusqu’à nouvel ordre, car la post-production me prenait plus de temps que je ne voulais y consacrer. Et aussi parce que j’avais traité les principaux sujets de fond qui me tenaient à cœur. En revanche, je suis resté très candidat pour participer aux podcasts des autres. Je veux proposer une série de sujets que j’ai sur mon tableau de bord, tout comme je peux répondre à des propositions de sujet sur la créativité, ou le game design en jeu de rôle, si j’ai le sentiment d’avoir des choses à dire. Sollicitez-moi !

Pour finir l’inventaire de mes activités de la saison 4, j’ai produit beaucoup d’articles de théorie du jeu de rôle. Cela a fait aussi l’objet de deux collaborations :
+ Un article Le jeu de rôle est-il de l’art ? à paraître dans la revue scientifique dédiée aux interventions du Colloque des 40 ans du jeu de rôle à Paris XIII
+ Un article Animer les scènes spéciales, rédigé avec Coralie David et Jérôme Larré pour le recueil Mener des parties de jeu de rôle.

Peu me chaut de faire partie du paysage de la théorie rôliste. Je conçois des concepts avant tout m’aider à créer des jeux. Mais quand il me vient une idée, j’aime en garder une trace. Il se trouve donc que j’ai pas mal réfléchi sur de la théorie pendant cette saison, d’où ces articles. J’ai quelques articles en stock à publier, mais je vais éviter d’en concevoir trop d’autres, pour me concentrer sur les jeux.

Durant cette saison, j’ai pu me sentir débordé, j’ai pu ressentir des difficultés à donner la priorité aux priorités. Mais à l’heure du bilan, je suis satisfait. Je pense que j’ai fait de mon mieux avec l’énergie et les moyens que j’avais, et c’est le plus important. A une époque, je me suis senti oppressé par le nombre de tâches dans mon tableau de bord (2000). 8 mois après cette observation, je suis monté à 4000 ! Et en supprimant les tâches terminées, je suis redescendu à 2600. Cela signifie qu’entre-temps, j’ai accompli 1400 tâches. Plutôt encourageant ! Ces derniers temps, j’avais le sentiment de m’être rapproché de l’objectif zéro. Je me concentre sur un seul projet à la fois (en plus des tâches récurrentes comme les comptes-rendus de partie, les livres artisanaux, et mon passage en revue d’internet), je n’ai qu’à dérouler les tâches. Je suis dans le flux.

Pour la saison 5, mon programme, non-programme se focalisera sur ces priorités :
+ Publications : Atlas, Hurler dans les forêts zero (un recueil de six scénarios pour Millevaux Sombre), Arbre, Marchebranche, Almanach (deuxième édition, version livre), Inflorenza 2ème édition, La Révolution Créative, Wonderland. Je sais déjà que je vais faire des choix et certains de ces livres ne sortiront qu’en version brouillon durant la saison 5 !
+ Rédaction : J’aimerais progresser sur tous les scénarios Millevaux Sombre que j’ai dans mes tiroirs. Ils sont playtestés, il ne reste qu’à les rédiger.
+ Et enfin, quelques conventions et quelques tournées.

Je vais adapter mon planning, non-planning à ma vie de père. Voici mon projet :
1. Mon enfant aura la priorité.
2. Quand il dormira ou qu’il sera aux bons soins de sa mère, je me tournerai vers les tâches domestiques.
3. Quand j’aurai estimé avoir fait ma part de la journée, je me tournerai vers le passage en revue d’internet.
4. Ensuite, je me tournerai vers mes tâches récurrentes (revue des tâches hebdomadaires et mensuelles, livres artisanaux, comptes-rendus de parties, articles sur Outsider et Les Ateliers Imaginaires)
5. Puis enfin, je travaillerai sur mon projet en cours. Je me limiterai à des projets simples, de la mise au propre de texte principalement.

Je m’astreins à prendre mes repas et mes collations loin de l’ordinateur. Faire une seule chose à la fois.

J’intercale des siestes dès que je pourrai pour cumuler 8 ou 9h de sommeil dans la journée. Le temps de sommeil n’est jamais du temps perdu, car c’est une source essentielle d’énergie. Impossible de suivre mon planning, non-planning avec rigueur si je manque trop de sommeil. Impossible d’être serein, tout simplement.

J’expérimente ce planning, non-planning depuis cinq jours que nous sommes rentrés de la maternité, et le résultat me rend enthousiaste. Malgré le sommeil fractionné, j’ai une belle énergie et j’arrive à cumuler vie de famille et travail de qualité.

La saison 5 sera celle du changement. Avec une maison et un enfant, elle sera riche en bonheurs et en défis. Je vais revoir organisation de fond en comble. Et c’est un bonheur que je compte bien partager avec vous.

19 réflexions au sujet de « Saison 4, le bilan »

  1. Merci pour ce riche bilan, que j’ai trouvé intéressant et en même temps encourageant.
    Par rapport à ta remarque sur les comptes-rendus de parties, et sur nos avis à priori bienvenus, je ne sais pas si il y a un endroit spécifique pour t’en informer, mais n’en ayant pas connaissance, je t’indique le mien ici.
    Personnellement je les apprécie, mais j’ai tendance à moins lire le récit, ou plutôt en diagonal, et à surtout m’intéresser au débrief et aux avis & ressentis des participants.
    J’aime d’ailleurs beaucoup les comptes-rendus de Johann Scipion, où il n’hésite pas à dire ce qu’il en a pensé, sa forme physique-mentale, l’ambiance ressentie, ou encore à décrire un peu le contexte et les participants. Je ne suis pourtant pas vraiment attiré par Sombre mais j’apprécie ses récits de conventions/parties. Enfin c’est mon avis ..
    A ton niveau, je suis assez admiratif du nombre de rapports que tu écris et surtout de ta capacité à retranscrire des parties très anciennes. J’imagine que tu dois prendre pas-mal de notes pendant et/ou après la séance ? As-tu d’autres aides pour te remémorer tout cela & pour que tes souvenirs ne se mélangent pas ? (photos ? dictaphone ? ..?)
    (Si tu as déjà indiqué cela quelque part, je veux bien le lien ..)

    Bonne suite en tout cas, à toi et à ta maisonnée !

    • Merci beaucoup Frédéric pour ce retour !

      Je sais qu’il y a des personnes qui s’intéressent plus au volet narratif, d’autres davantage au volet technique, et comme je les sépare bien, je pense que ça leur simplifie la vie.

      Les comptes-rendus de Johan Scipion sont en effet très vivants, j’ai commencé à faire des comptes-rendus pour marcher dans ses pas d’ailleurs. Si j’ai un temps aussi pastiché son style en restituant l’ambiance, j’avoue que quand j’ai commencé à élaborer une trame fixe pour mes comptes-rendus, c’est une chose qui est passé par la trappe, pour un gain d’espace, et aussi parce que depuis un peu mois d’un an, j’anonymise les joueur.se.s dans le compte-rendus, pour les protéger au cas où je dise une chose regrettable sur une personne ou sa façon de jouer (car ça m’est déjà arrivé).

      En fait, si tu vois arriver des rapports de partie datant de plusieurs mois, sache qu’ils ont été rédigé au plus tard deux semaines après la partie. Je prends assez peu de notes de l’aventure, en revanche je prends en note les retours des joueuses, je récupère les notes des joueuses et les feuilles de personnages, et je restitue l’aventure de mémoire. Le faire sans notes est un bon exercice de mémoire ! J’essaye de rédiger mon compte-rendu aussi tôt que possible, le mieux c’est encore dans la journée. A défaut, et quand j’ai le temps et l’énergie de le faire, je rédige un compte-rendu en dactylo avant de me coucher, sinon le travail de mémorisation de la partie peut m’empêcher de dormir.

  2. Ça fait plaisir de te voir progresser et toujours aussi motivé. 🙂

    Comptes-tu passer à Rennes pour le FOG début octobre ?

    J’espère que ton enfant te laissera un peu de temps libre, c’est plutôt occupant ces bêtes-là !

    • Oui, je passerai sans doute au FOG à nouveau !

      En ce qui concerne le temps libre, je trouve qu’on s’en sort pas mal pour le moment ! C’est sans doute plus facile dans la mesure où mon travail est presque mon seul loisir. J’ai arrêté de faire du sport (élever un enfant, c’est déjà un sport) et je lis beaucoup moins ces temps derniers (je suis de toute façon en phase de production plus qu’en phase de création, donc nul besoin d’emmagasiner les inspis, et l’inspiration est partout, pas seulement dans la lecture).

      • Je te prévien :, c’est quand le petit se met à marcher qu’il devient prenant, avant tu peux facilement le laisser jouer sur son tapis pendant que tu fais autre chose 😉

        En tout cas c’est à ce moment que j’ai vraiment du réduire mes activités.

        Tant que j’y pense, je participe à Rennes à une association de création expérimentale de jeux (http://lepotajeux.assoc.co ). La prochaine fois que tu passes dans le coin on pourrait probablement organiser une table ronde sur un sujet où je sais que tu as beaucoup à dire.

  3. Un bien beau bilan, merci pour tes articles et ton partage 🙂
    J’apprécie toujours ta rigueur, le partage de tes réflexions sur la créativité et j’ai un profond respect pour ta démarche globale. Une bonne saison 5 à toi, comme à la famille.
    De mon coté, ma résolution, c’est de lire tes jeux en plus du reste pour cette saison 5.

  4. Bonjour Thomas,

    Je trouve ta démarche très intéressante et c’est avant tout pour cela que je te suis. Elle m’amène à beaucoup réfléchir, à me positionner moi-même par rapport à tes arguments et à tes choix. Cela me permet de mieux définir, à travers le projet de vie que tu partages avec nous, mon propre projet personnel : parfois en adéquation, parfois en réaction. Te lire me renvoie à moi, me permet de m’améliorer, et pour cela – entre autres – je te remercie.

    Je comprends ce que tu dis sur la violence. C’est une démarche que je trouve saine, car nous sommes effectivement conditionnés par une société compétitive où tout ce qui ne nous convient pas doit être éradiqué. Nous tuons les mouches, nous tuons les moustiques, nous tuons les guêpes, nous tuons les mauvaises herbes, nous tuons les fourmis, nous tuons les araignées… Nous rejetons ce qui est différent de nous : étrangers, marginaux… quel gâchis !

    Je suis plus mesuré quand tu parles d’éviter d’émettre des jugements sur les personnes, puis que tu indiques arrêter de formuler des critiques afin de ne pas blesser les personnes que tu as en face de toi. Il me semble important de bien différencier critique et jugement : le jugement se veut de valeur universelle. Plus qu’une opinion, c’est une décision brutale qui a valeur de loi ; on pourrait dire que le jugement est violent, et qu’à ce titre il doit être évité. En revanche, la critique signifie sémantiquement « l’art de discerner ». La critique est notre capacité à estimer la valeur des choses, elle est personnelle et à ce titre elle ne peut se départir, pour être valide, d’une forme d’humilité liée à son aspect personnel : une critique n’a aucune valeur universelle et elle est liée à notre perfectibilité humaine.

    La question de la violence liée à la critique est très vaste mais elle me semble vitale. Elle renvoie selon moi à la raison même de notre présence sur cette terre, de ce qui fait de nous des êtres intelligents et sensibles. Je ne peux l’exprimer qu’en partant de postulats personnels qui sont avant tout des croyances (dans le sens où je suis intimement persuadé de leur universalité, sans pouvoir le prouver) :

    – Evoluer c’est vivre, ne plus évoluer c’est mourir

    – L’un des buts de la vie est la transcendance, la capacité à s’améliorer et à évoluer dans le sens qu’on a choisi

    Les deux postulats suivants, je ne les considère pas comme des croyances mais comme des faits :

    – En tant qu’êtres humains, nous sommes imparfaits. Nous analysons les évènements et les informations à travers un filtre déformant qui dépend de routines mentales, de schémas de fonctionnement solidement ancrés en nous. Le regard de l’autre, la critique, sont absolument vitaux pour contourner voire briser ces schémas de fonctionnement, ce filtre déformant. Sans le regard de l’autre, nous nous privons d’une grande partie de notre capacité d’évolution et continuons d’avoir une vision très déformée de la réalité.

    – La vie est violente par nature : nous sommes tous condamnés à mourir. Nous sommes biologiquement omnivores, donc des tueurs, donc violents, même si l’intelligence nous permet de choisir de nous passer de viande. Notre histoire prouve amplement que la violence fait partie de nous, ce qui ne veut pas dire que nous y sommes contraints. La violence, c’est la vie, par certains aspects.

    En additionnant tous ces postulats, je me dis que se passer totalement de violence, ou du moins faire passer ce précepte avant toute autre considération, peut amener des effets pervers. Sans critique, plus de discussion, plus d’échange. Car il y a la violence qu’on donne et la violence qu’on perçoit. La critique paraît violente parce qu’elle nous heurte dans nos certitudes, qu’elle nous amène à changer, à évoluer quand il est plus confortable de rester statique. Toute personne ayant fait une psychothérapie (en tout cas, toutes celles avec qui j’en ai discuté) aura subi de la violence (ou en tout cas perçu de la violence) au travers des mots du thérapeute. Pourtant, cette violence était nécessaire et leur a permis de vivre mieux, en annihilant partiellement le filtre qu’il y a entre eux et la réalité. Cette violence, leur a permis d’atteindre l’humilité dont tu parles dans ton dernier billet (Modestie et lâcher-prise), l’humilité étant la capacité à se percevoir avec réalisme, dégagé du filtre de nos fantasmes, inquiétudes et obsessions.

    Finalement, la violence de la critique n’est pas tant celle de celui qui l’émet, mais plutôt celle que s’impose celui qui la reçoit, par manque d’humilité et par orgueil (l’orgueil n’étant que le pendant de la dévalorisation).

    N’as-tu pas peur, en te passant totalement de violence, ou du moins en élargissant ton concept de violence à la critique et à d’autres éléments, de priver l’autre d’une aptitude à évoluer ? N’as-tu pas peur, en ne critiquant plus, de ne plus être critiqué, et donc de réduire ta capacité d’évolution ? N’as-tu pas peur de devenir statique, et de subir une petite mort intellectuelle ?

    Cette réserve mise à part, je cautionne totalement ta volonté de réduire la violence, notamment verbale ; c’est une démarche que nous partageons, te lire m’incite à poursuivre et à augmenter d’un cran mes efforts dans ce domaine. J’apprécie énormément ton rapport à l’argent et à la vie, ton analyse de ta situation financière et de tes objectifs. Je ferai probablement des choix différents, les tiens n’en sont que plus dépaysants et passionnants à lire : la différence enrichit.

    PS : et j’apprécie aussi beaucoup ta prose, te lire est un plaisir en soi. 😉

    • Merci beaucoup pour ce retour très argumenté !

      J’ai manqué de place et de recul dans mon article pour expliquer par quoi je voulais remplacer la critique. Avant, j’écrivais mes critiques en deux parties :
      1° Ce que j’ai aimé
      2° Mes questions

      Quelque part, c’était problématique car ça pouvait se lire en 1° J’aime 2° J’aime pas

      Je vais continuer à faire des retours aux personnes quand ça sera utile ou demandé. En revanche, je vais formuler différemment :
      1° Ce que j’ai compris
      2° Mes questions

      L’idée est de formuler les choses différemment, mais les informations transmises sont les mêmes.

      Et je vais me cantonner, quand ce sera possible, à des retours privés. Comme ça la personne digère mon retour sans se soucier de son image.

  5. Merci pour ce long et riche commentaire Brisecous. Cela m’a bien parlé.
    Violence, critique, jugement, acceptation de tout cela, .. personnellement, je suis ‘en théorie’ plutôt d’accord.
    En pratique, c’est souvent, je trouve, bien plus compliqué : les questions de forme/façon de s’exprimer et également de connaissance voire confiance en l’autre sont notamment très importantes selon moi.
    Mais je réagis en fait surtout par rapport à un autre questionnement lié au sujet : celui de rendre les critiques ou avis (ou toutes expressions) publiques ou non ?
    Pour moi, rendre tout cela public amplifie souvent les choses. Elles deviennent moins neutres et anodines.
    Mais c’est aussi priver d’autres personnes de propos et réflexions pouvant les intéresser ou les toucher. Ton commentaire, Brisecous, en est un bon exemple.
    Questionnement non tranché donc à mon niveau.
    Du coup, pour tes retours privés Thomas, certes cela amoindrit sans-doute le risque de violence ou de désagrément .. mais cela empêche également la possibilité à d’autres de pouvoir s’y intéresser voire d’en débattre ou rebondir ..

  6. Je comprends, tout dépend du sens qu’on donne au mot critique. Là où tu indiques dans ton article que tu vas te passer de critiques, je comprends, à la lecture de ton second message, que tu vas surtout critiquer différemment, de manière non-violente (dans mon acception à moi du terme « critique »). Il est vrai que le terme « critique » est connoté négativement…

    Je suis d’accord avec toi pour la critique privée. J’ai déjà fait l’erreur de heurter frontalement par des critiques publiques. Le problème de ce genre de critiques, outre qu’elles sont plus difficiles à accepter par l’interlocuteur (pour les raisons que tu indiques), c’est qu’elles laissent durablement des traces sur l’internet (et je n’assume plus, personnellement, certains propos que j’ai pu tenir par le passer).

    Pour ma part, je suis assez brut de décoffrage dans mes retours. A la lumière de ton message, je me rends compte qu’il me reste à trouver une méthodologie qui soit moins violente pour faire passer mes messages. Il est dommage de blesser son prochain quand on a de bonnes intentions.

    • Ce sont des questions délicates sur lesquelles je suis toujours en cours de réflexion. Un grand merci pour vos contributions, Frédéric et Brisecous. Une autre précaution que je prends : quand je fais des comptes-rendus de parie, j’ai arrêté de mentionner les noms des joueurs et des joueuses. Ainsi, si jamais je fais des commentaires au sujet de leur façon de jouer, au moins les personnes restent à l’abri de ce qui pourrait sonner comme un jugement en place publique. Je dis « le joueur / la joueuse de tel personnage » au lieu de désigner la personne par son prénom.

  7. Frédéric, en ce qui concerne les critiques publiques/privées, je pense que des méthodologies peuvent être mises en place pour définir ce qui a valeur de débat intellectuel, et mérite d’être partagé en public, et ce qui a valeur de remise en question privée, donc plus difficilement acceptable, et qui mérite d’être partagé en privé.

    Je n’ai pas les clés ni le recul pour définir cette méthodologie, en tout cas je réfléchis de plus en plus à ce que j’écris en public, et ce n’est vraiment pas un mal. J’ai été parfois très con (pardonnez-moi l’expression) sur Internet.

    Une bonne chose à faire, déjà, c’est de ne pas publier à chaud. Quand mon message peut être polémique, même un tout petit peu, je le publie au plus tôt 24h après l’avoir écrit. Ca me laisse le temps de prendre du recul et de ne pas me laisser déborder par mes propres filtres émotionnels/intellectuels.

    Par exemple, en ce qui concerne mon 1er commentaire sur ce fil, j’ai auto-censuré une partie de ce commentaire pour en faire un message privé pour Thomas. Et je n’ai pas encore décidé si j’allais envoyer ou non ce message privé, car je n’ai pas encore défini si cela pouvait véritablement apporter quelque chose à Thomas, ou si cela risquait simplement de le blesser.

    • Dans une moindre mesure, cela nous enseigne aussi que nous pouvons gagner à considérer les critiques qu’on reçoit sous un autre angle. Pour peu qu’on applique une lecture bienveillante, il est difficile d’être vraiment blessé par une critique.

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