Podcast Outsider N°32 : Game Design jeu de rôle : Du respect des animaux 2 sur 2

Dans cette deuxième partie de podcast enregistrée avec Arjuna Khan, nous parlons d’inscrire les luttes pour les animaux dans la convergence des luttes en jeu de rôle (et ailleurs) , et je manifeste ensuite (Arjuna étant hors ligne à ce moment de l’enregistrement) les sentiments… mitigés… que m’inspirent les publications de la carnosphère rôliste.

Les propos n’engagent que les personnes qui les émettent, par conséquent j’assume la responsabilité de ce que je dis dans le micro sans y associer Arjuna Khan.

Trigger warning : violence, haine, objectification, humour oppressif

Content warning : Shoah

crédits : Tancread, cc-by-nc, galerie sur flickr.com

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Retrouver le podcast 1 et 2 en un bloc sur Youtube (attention, le son est brut)

Retrouver le premier épisode monté

Pour un discours plus nuancé et informé que le mien

Ophélie Véron – Défendre les animaux : état des lieux et réflexions stratégiques (Festival Végane de Montréal 2017)

Sur les arguments généraux en faveur du véganisme

Entretien point culture : le véganisme (avec Jihem Doe)

Sur les rapports entre l’élevage et l’effet de serre :

Le réchauffement climatique : causes, conséquences et solutions sur Tantmieux

La hausse rapide du méthane alarme les climatologues par Claire Lecoeuvre  sur Reporterre

Philippe Larrouturou : Climat : Trois quarts de l’humanité menacés de mort ? sur Thinkerview

Aurélien Barrau : Quand la science appelle à l’aide pour l’humanité ? sur Thinkerview

Sur les rapports entre sexisme et spécisme, entre racisme et spécisme :

Carol Adams : La politique sexuelle de la viande

Carol Adams : Anima, Animus, Animal sur les cahiers antispécistes

Nora Bouazzouni : Faiminisme

Elise Desaulniers : Version longue Sexisme, racisme et spécisme. Intersection des oppressions

Ruby Hamad : Oppressions entrecroisées : le point de vue d’une féministe musulmane et vegan

Dalila Awada – Antiracisme et cause animale: une nécessaire solidarité

Sur les rapports entre devoir de mémoire et lutte contre l’exploitation animale :

Elizabeth de Fontenay (présidente de la « Commission Enseignement de la Shoah » de la Fondation pour la mémoire de la Shoah) : « Je ne me reconnais pas dans l’antispécisme et je pense qu’on devrait pouvoir aller le plus loin possible dans la défense du droit des animaux à l’intégrité et même à la vie sans pour autant offenser les humains. Je reconnais en revanche la justesse bouleversante de la parole de Singer, « éternel Treblinka », appliquée à la maltraitance des bêtes, « au jour le jour et depuis toujours », comme l’écrit Derrida, encore que par common decency [« décence ordinaire »], je refuse de le prendre à mon compte et d’en faire un système. », dans Philosophie Magazine n°117, mars 2018, article « Les abattoirs sont-ils les nouveaux camps de la mort ? », p58-59

Elizabeth de Fontenay :

« Oui, les pratiques d’élevage et de mise à mort industrielles des bêtes peuvent rappeler les camps de concentration et même d’extermination, mais à une seule condition : que l’on ait préalablement reconnu un caractère de singularité à la destruction des Juifs d’Europe, ce qui donne pour tâche de transformer l’expression figée “comme des brebis à l’abattoir” en une métaphore vive. Car ce n’est pas faire preuve de manquement à l’humain que de conduire une critique de la métaphysique humaniste, subjectiviste et prédatrice. »

Et encore :

« On sait que la grande majorité de ceux qui, descendant des trains, se retrouvaient sur les rampes des camps d’extermination, ne parlaient pas allemand, ne comprenaient rien à ces mots qui ne leur étaient pas adressés comme une parole humaine, mais qui s’abattaient sur eux dans la rage et les hurlements. Or, subir une langue qui n’est plus faite de mots mais seulement de cris de haine et qui n’exprime rien d’autre que le pouvoir infini de la terreur, le paroxysme de l’intelligibilité meurtrière, n’est-ce-pas précisément le sort que connaissent tant et tant d’animaux ? »

— Élisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes : la philosophie à l’épreuve de l’animalité.

La carnosphère rôliste

L’Ecclésiaste : La X-Card : quand le politiquement correct envahit les JDR, sur UMAC Comics & Pop Culture

Captures d’écran du groupe Facebook Discussions de drôlistes narrativo-vegan

 

 

 

 

12 réflexions au sujet de « Podcast Outsider N°32 : Game Design jeu de rôle : Du respect des animaux 2 sur 2 »

  1. Ping : Podcast Outsider N°27 : Game Design Jeu de Rôle : Du respect des animaux 1 sur 2 | Outsider

  2. La version du podcast diffusée ce matin était mauvaise : c’était la somme des podcasts 1 et 2. J’ai remis le lien à jour pour que vous ayez seulement la partie 2 sur 2. Désolé !

    • Au contraire c’est très importante de lui faire de la pub. C’est la meilleure explication de texte de pourquoi l’extrême droite déteste la sécurité émotionnelle et tout ce qui s’apparente à de la non-violence

      • oui sauf que ça va faire le buzz dans l’extrême droite rôliste qui par chance était peut être passée à côté :p Sans compter le buzz / trafic et bonus pour l’auteur
        l’extrême droite déteste aussi tout ce qui est politiquement correct mais c’est pas étonnant car population toxique, pas besoin d’un article pour le comprendre si?

        • en fait avant de découvrir cet article (et deux trois autres choses) ça n’était pas évident pour moi que l’extrême droite (crypto-extrême-droite on va dire) était implantée dans le milieu rôliste. Donc ça me paraissait important de le souligner. Et aussi de montrer que si dans le milieu des luttes sociales, la convergence des luttes reste à faire, dans l’extrême droite de leur côté ils sont au contraire déjà très cohérents. Quelque part en miroir ça doit nous inspirer.

          • ok
            pour ma part ça ne fait aucun doute que l’extrème droite existe aussi dans notre milieu
            elle est même plutôt virulente sur les réseaux sociaux mais moins en vrai j’ai l’impression

  3. Bravo pour ce podcast et ton travail sur ce sujet.
    Étant vegan et rôliste je réfléchis aussi sur le rapport aux autres espèces et à tous les êtres « sentients » dans le JdR.
    La notion de « sentience » semble la plus pertinente pour définir ce qui doit motiver l’antispécisme.
    Il y a effectivement une réflexion de game design à mener pour intégrer ces notions dans un jeu et les faire résonner dans l’esprit des joueuses et joueurs via les personnages.

  4. Merci pour ta podcast intéressante. Bon je m’attendais à un truc plus en lien avec le JDR. Pour ma part, par exemple, j’ai du mal depuis plusieurs mois (alors que je suis VG depuis 7ans) à tuer des créatures pensantes des JDR. Les orcs dans DD5 ils parlent mais non c’est des gros méchants donc faut les tuer sans même essayer de negocier (le MJ me l’a fait comprendre plusieurs fois). Sur un autre jeu Oltrée, la dernière fois le MJ (parce que je jouais un perso pacifique) a fait apparaitre des femmes et enfants orcs bah les autres joueurs les ont tué quand même sans se poser de question ^^. Bon je leur en veux pas c’est pas des êtres qui existent dans la réalité et la violence fait partie intégrante de ce JDR en particulier, mais moi j’ai trop de mal à le faire alors même que c’est jeu pour de faux et que aucun orc ne souffre pour de vraie 😉 (Bizarrement je n’ai aucun problème à torturer un humain père noël dans INS). Du coup, j’aurais pensé que tu aurais parlé de ça. Bref.
    J’ai bien rigolé avec l’article de l’ecclésiaste que je n’ai pas pu lire en entier (je n’ai pas eu le courage de lire autant de conneries à la seconde). Par contre, je suis ok que quand le MJ a préparé un scénario qui tourne autour d’une forte ambiance gore si on ne peut rien décrire de gore c’est frustrant. C’est comme demander de jouer à Mantoïde sans sexe violence et drogue ^^. Mais le problème pour moi c’est juste de prévenir les joueurs et qu’ils soient au courant avant la partie et alors si la X card est utilisée une fois dans la partie ça va mais si le joueur se sent mal à l’aise toute les 5min c’est qu’il n’a sûrement pas choisi le bon jeu et qu’il empêche effectivement les autres de faire un jeu gore (par exemple). Après, c’est une autre question de savoir s’il doit être possible de tout jouer, genre des nazis qui traquent des juifs ou des mecs dont le but c’est de violer des femmes. Ça se discute mais c’est pour moi une autre problématique.

    Un lien si tu connaissais pas cet argument probabiliste : https://www.youtube.com/watch?v=HaVWbdlAiCQ

    • Merci pour ces bons mots Arciésis ! C’est assez vrai que les deux épisodes sont truffés de digressions liées au respect des animaux mais pas directement remises dans le contexte du JDR. On a quand même essayé de conclure chaque point avec une application dans le JDR. Ton exemple sur les orcs est intéressant. D’une parce que la question morale du massacre des familles orcs, je croyais que c’était un cas d’école jamais réellement mis en pratique en jeu, donc je suis intéressé de lire une mise en pratique et comment ça s’est passé. De deux parce qu’à mes yeux ce cas d’école était une métaphore du racisme, mais on peut aussi en effet y voir une métaphore du spécisme (dans le sens où on considère certaines espèces animales comme fondamentalement nuisibles et on cherche à les éradiquer sans plus se poser de questions, comme ce fut le cas des loups et des ours en Europe, et on peut clairement imaginer en JDR un scénario type « Bête de Gévaudan » où il serait demandé aux PJ de massacrer préventivement des loups : comment vont-ils réagir ?)
      je suis d’accord avec tes propos sur la sécurité émotionnelle, c’est bien sûr un outil à utiliser avec discernement. Je pense que l’article de l’ecclesiaste est contre toute forme de sécurité émotionnelle, contre toute utilisation d’icelle, même minime, et ça c’est problématique car le JDR devient alors un espace de libre agression.
      je connaissais une vidéo de Monsieur Phi sur l’argument proba, je vais visualiser la tienne pour comparer !

      • C’est bien la vidéo de Monsieur Phi ^^.
        Le MJ lui même a été surpris. Il avait fait exprès de mettre des femmes et des enfants, parce qu’il savait que j’avais du mal à jouer mon personnage pacifique avec les autres PJ dont le but était de tuer du monstre, et il s’était dis que ça les ferait réfléchir… bah non. Donc réponse au cas d’école : les orcs c’est méchant faut les taper ! Bon Je prends ce cas particulier avec beaucoup d’humour, mais j’ai quand même quitté la campagne parce que je ne m’amusais pas. Je penses que le med-fan est trop truffé de spécisme avec quand même des êtres qui sont hyper anthropomorphisés qui ont des habit, un langage, une culture…donc presque « humain », mais où selon les règles ou le scénario il n’est pas possible de discuter avec eux il faut juste les tuer… C’est tellement encré depuis des décennie dans les classiques des JDR que ça ne pose même pas question aux joueurs.
        Je vais me contenter de jeux où l’on tue soit des humains soit des êtres maléfiques sortie droit des enfers. Ou de jeux où l’on tue personne comme Adventure Time 😀

        • j’ai joué à plusieurs reprises avec une personne qui est lassée de la violence dans les JDR, or je maîtrise beaucoup à des jeux violents. On a ensemble établi le marché que lorsqu’elle est à ma table, aucun humain, monstre ou animal (PJ ou PNJ) ne peut en agresser un autre. Et bien j’arrivais quand même à proposer une expérience de jeu horrifique avec une adversité végétale ou climatique, un sentiment de désespoir, ou de l’emprise mentale…
          Ceci dit, comme tu le relèves, de plus en plus de JDR, au lieu de proposer l’habituel fight or flight, proposent du tend and befriend (résoudre les problèmes par la collaboration, le soin, l’empathie ou l’amitié)

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