Mon histoire

Si j’ai cru important de raconter mon histoire, c’est avant tout pour donner un visage aux réflexions qui vont suivre, et apporter quelques exemples concrets. Je suis loin de chercher à glorifier certains passages ou à m’apitoyer sur d’autres. Tout ceci appartient au passé, ce ne sont aujourd’hui que des informations. Sentez-vous libre de sauter ce passage pour accéder à la suite, plus généraliste.

Je m’appelle Thomas Munier, je vis en France, j’ai 33 ans et voici mon histoire. Je suis né dans un milieu agricole qui croyait aux vertus du travail et dans un pays où tout le monde pouvait aspirer à faire des études. Ma famille m’a aimé et m’a protégé, et c’est ce qu’elle fait encore aujourd’hui. Bien sûr, elle avait des défauts, elle était le fruit d’un milieu et d’une culture, mais cet essentiel était là. J’ai très tôt montré de grandes aptitudes pour les études. J’ai appris à lire et à dessiner en deuxième section de maternelle, un an ou deux avant la moyenne. On m’a dit que c’est moi-même qui ai demandé à apprendre à lire.

Cela m’a donné une avance considérable sur les autres (dans le domaine des études) et j’ai traversé presque toute ma scolarité avec des notes brillantes. Cela a longtemps été mon seul motif de fierté personnelle. Mais ça ne m’a jamais rendu heureux. J’étais bon à l’école parce que je sentais que c’était important. Pour mon avenir sans doute.

Ma famille gagnait de quoi vivre, mais n’a jamais été riche. Pour autant, je n’ai jamais manqué de livres pour lire, de papiers et de cartons pour lire et dessiner. Et cette pénurie relative a été une excellente raison pour fabriquer mes propres jeux, mes propres histoires, ma propre culture.

J’ai passé mon enfance à dessiner des fresques et des personnages issus d’une cosmogonie personnelle complexe, les jouets et les personnages de fiction à ma portée et des créatures de mon invention.

J’ai aussi tenu des journaux dès que j’ai su écrire. C’était des gazettes qui s’adressaient déjà à un lecteur imaginaire, bien que personne ne les lisait,  à part mes petites sœurs, mi consentantes mi obligées.

Avec mon cousin Hervé, nous avons inventé ensuite des petits personnages sur des figurines en carton issues de boîtes à œufs découpées. Ils s’appelaient les spilburks et on les faisait vivre dans un univers de space opera sophistiqué, encore une fois un ménage de nos maigres références du genre avec des délires d’enfant. Nous avons dû en réaliser plus de mille, j’en ai réalisé jusqu’au lycée. Un jour, mon père m’a demandé d’en brûler pour faire de la place et j’ai obéi. J’ai longtemps regretté ce geste. Moins pour la perte matérielle (d’autant plus maintenant que je suis devenu un minimaliste), que pour le symbole. Parce que c’était une abdication de ma part.

Mon père peut paraître cruel au vu des faits que je présente ici mais il était tout sauf ça. Si j’avais refusé, il ne les aurait pas brûlés. Des tonnes de choses s’entassent aujourd’hui dans la maison familiale sans que personne ne songe à s’en débarrasser. J’ai trouvé ça cruel parce que dans ma tête, çà résonnait comme : « La créativé, ça ne vaut rien. Ton œuvre ne fait que prendre de la place ici. C’est juste bon à brûler. » Avec le recul, je sais bien que mon père ne pensait pas à ça. Quand mes deux petites sœurs se sont lancées dans des études puis une carrière artistique, il les a soutenues de bout en bout. A cinquante-cinq ans, suite à un AVC, il s’est mis à dessiner et a accumulé une œuvre conséquente en quelques années.

Voilà. Tout est presque dit. Ce qui nous fait le plus de tort, ce ne sont pas ce que les gens nous disent. C’est ce que nous pensons qu’ils disent. Et l’importance que nous y accordons. C’est croire qu’on doit se conformer à ce que l’on attendait de nous.

Jusqu’à très récemment, j’ai cru que mes parents et mes grands-parents pensaient que la créativité ne valait rien. Que seul comptaient le travail et l’obéissance. Et à force de vouloir me conformer à cet idéal imaginaire, j’ai tué mon envie d’être créatif. Je me suis mis en jachère.

Si je peux paraître dur à l’égard des mes proches, en énumérant certains faits, en réalité je n’ai rien à leur reprocher. Je sais qu’ils me soutiennent. Même ceux qui ne comprennent pas. Car c’est ce que les proches font. Ils ne me jugent pas et n’attendent pas que je sois quelqu’un d’autre. Je les aime et ils sont importants pour moi.

Et surtout, il nous faut vivre sans rien regretter.

Quand mon père m’a demandé de mettre ma collection de spilburks au feu, ça a concrétisé une vieille demande récurrente.

Quand il fallait passer à table, mon père disait avec un grand sourire. « Fous tes schmilbliks au feu, c’est l’heure de passer à table. » Il savait que j’appelais ça des spilburks, je pense. C’était important pour lui de mal prononcer. Il aurait tout aussi bien pu me dire : « Mes tes devoirs au feu. » Après tout, j’ai été premier de la classe jusqu’au bac, je passais beaucoup de temps sur mes devoirs. Mais voilà, c’était sur mon activité créatrice que ça tombait. C’était mon milieu à l’époque. C’était comme ça. Et surtout, c’était juste une plaisanterie. Cela n’avait aucune vocation à me blesser.
Au collège, mon cousin, grand pourvoyeur de vices, m’a fait découvrir le jeu de rôle avec le jeu HeroQuest (le jeu de figurines par MB sorti en France en 1989, pas le jeu de rôle avec livre du même nom).

Là, ça a été le coup de foudre intégral. J’étais complètement immergé dans les aventures de mon barbare de plastique à travers les donjons infestés de monstres imaginaires imaginés par mon cousin.

Quand un truc créatif me plaisait, je le copiais jusqu’à ce que je pense être plus productif que la personne qui m’a l’avait montré. C’était ma façon de montrer mon intérêt, de gagner le respect de la personne. Je n’aurais pas su l’exprimer autrement.

Alors j’ai écrit mes propres donjons pour HeroQuest bien avant même de me faire offrir un exemplaire du jeu. J’ai fait des cahiers entiers de donjons, de plus en plus élaborés. J’en ai crée tellement que ne j’ai pas pu tous les faire jouer.

En parallèle, je continue à écrire des journaux, des BD, des nouvelles, je fabrique aussi plusieurs jeux de société, dont Le Jeu des Poissons, un jeu de déplacement de poissons inspiré des jeux vidéo de plates-formes qui prendra une diversité et une complexité croissante, les labyrinthes, une série de dédales byzantins peuplés de monstres fantastiques, et aussi L’Aventure Intérieure, développé avec mon cousin, où l’on joue des microbes chargés d’apporter des maladies dans un corps humain au système immunitaire belliqueux.

En classe de cinquième, notre professeur de biologie, nous expose une série d’anomaux empaillés. C’est une révélation. Pour la première fois, je sais quel métier je veux faire. Je serai biologiste. Je crois que j’étais tellement heureux d’avoir trouvé cette vocation que j’en fait une idée fixe. Ce serait la biologie sinon rien. Ma capacité à m’intéresser à tout ne m’a jamais permis de déceler que c’était une fausse vocation. Notre professeur de biologie était une personne passionnante, qui savait communiquer son enthousiasme pour sa matière.

J’ai mis du temps à réaliser que cet amour de jeunesse pour l’histoire naturelle, je n’allais pas l’assouvir par un des métiers des sciences de la biologie, mais en jeu de rôle, quand je concevrais Millevaux, un univers post-apocalyptique forestier.
Arrivé en seconde, les choses s’accélèrent. Je démarre un roman d’heroic fantasy, Un Empire à Sacrifier (à l’époque, il s’appelait Némésis). C’est une expérience très forte. Je me sens possédé. Les choses s’imposent comme une évidence. Je veux être écrivain. Le bonheur de raconter des histoires, de peindre avec les mots. Je suis tellement enthousiastse que j’en parle beaucoup autour de moi, je le fais lire à beaucoup de gens.
« Tu auras tout le temps d’écrire quand tu seras à la retraite. », m’a dit ma grand-mère à l’époque.
Cela résume bien la pensée de mon entourage familial. J’ai peut-être du talent, mais écrivain, ça n’est pas un métier. Encore une fois, je ne blâme personne. Je ne saurai jamais si il m’aurait fallu attendre à autre chose à l’époque. Les choses me paraissent différentes avec le recul. Disons que si l’homme de 33 ans aurait pu parler à celui de 15 ans, il lui aurait dit : « Crois en tes rêves et ne te décourage jamais. La persévérance finit toujours par payer. Qu’importe qu’on te dise écrivain n’est pas un métier. Si tu crois en tes rêves, tu créeras le métier qui correspond. » C’est angéliste, mais c’est logique.
La vérité, c’est que mon rêve c’était d’écrire, pas d’avoir un métier. A ce titre, j’ai réalisé mon rêve, je le réalise toujours, je le réalise en ce moment-même. C’était l’idée de ne pas pouvoir le faire à temps plein, de ne pas être valorisé pour cette action, qui était déchirant.

Alors j’ai délaissé les choix du cœur pour des choix de raison. J’ai froidement raisonné en matière de débouchés. Je suis entré en première scientifique, et j’ai visé le cap de l’école d’ingénieurs. A l’époque, on disait que c’était un emploi garanti, avec une paye conséquente. (deux choses qui n’étaient plus vraies quand j’ai obtenu mon diplôme). Les entreprises venaient directement chercher les jeunes diplômés. Aujourd’hui, je suis effaré du choix que j’ai fait. J’ai hypothéqué mon bonheur pour de l’argent. J’ai cru que posséder une quantité de biens matériels me consolerait d’avoir vendu mes rêves. Je croirai à cette folie pendant quinze ans.

J’obtiens le Bac avec mention Très Bien. J’étais donc très bon à naviguer dans le mauvais sens : je choisis d’intégrer une classe préparatoire aux grandes écoles, la BCPST : biologie, physique, chimie, sciences de la terre.

Et là, j’entre dans un monde où être doué ne suffit pas pour réussir. La classe préparatoire demande d’assimiler bien plus de connaissances qu’il est possible. Objectif : faire le tri des meilleurs lors du concours d’entrée aux grandes écoles, deux ans plus tard.

Au départ, je m’acharne. Les études représentent encore pour moi le lieu où on crée de la valeur. Je dors cinq heures par nuit pour me maintenir dans les premiers de la promo. Je mets beaucoup de choses entre parenthèses. Loisirs. Écriture. La première armée se passe, vaille que vaille. Au début de la deuxième année, notre professeur de mathématiques, a cette phrase terrible, tellement vraie : « Si vous n’avez pas envie d’être là, vous n’y arriverez pas. » Je me prends une claque. Je n’ai pas envie d’être là. Je veux écrire. Je veux être créatif.

Alors je craque. Je laisse tomber les efforts. Je me remets à écrire. Beaucoup. Un deuxième roman, Hors de la Chair, et de la poésie, énormément. Je découvre le jeu de rôle L’Appel de Cthulhu, qui concilie mon amour de l’horreur métaphysique de Lovecraft et celle du jeu de rôle. Je joue autant de parties que possible avec les amis que je peux arracher à leurs révisions.

On jouera entre les cours, pendant les cours, tard le soir au lieu de réviser, et même pendant les cours.

On joue une campagne de SF lovecraftienne complètement démente, tellement cool et baroque qu’on lui donnera trois suites. C’était un espace de liberté.

Je ne trouve plus l’énergie pour réviser les cours. Au lieu de ça, je passe mon temps  à écrire,  faire du jeu de rôle, à aller au cinéma, à lire. A perdre mon temps aussi. C’est le début de ma dépendance à internet.

Évidemment, mes notes dégringolent. De premier de la promo, je passe dernier. Cela a été une époque très dure, parce que je pensais être dans une impasse. Je m’en ouvre à mon père qui me dit : « Rentre à l’usine comme moi, et tu pourras écrire le reste du temps. »  C’était hors de question. Je préférais encore la pénibilité intellectuelle à la pénibilité physique, à l’idée de mourir à petit feu à l’usine comme mon père. Il avait d’abord été agriculteur, et quand ça n’a plus marché, après quelques petits boulots, il n’a plus eu d’autre choix de que de bosser à l’usine. Je crois que sa vie a vraiment commencé le jour où son usine a fermé.

Conte toute attente, je parviens quand même à passer les concours, et j’entre en école d’ingénieur des techniques agricole. Je continuerai à écrire, romans, poésies, scénarios de jeu de rôle, en grande partie résigné à ne jamais en faire mon métier, et je poursuis mes études, sans forcer, je cherche juste à me maintenir dans la moyenne.
Après mon diplôme, je vais connaître des alternances de chômage et de contrats à durée déterminée. Je me maintiens pas sur mes postes car j’ai tendance à passer beaucoup de temps sur internet et mes performances s’en ressentent.

Je connais aussi des périodes de chômage, une fois huit mois et une fois onze mois. Le plus étonnant, c’est que j’ai longtemps fantasmé le chômage comme une période où mes projets d’écriture allaient faire des pas de géants.

Mais en réalité, pendant ces périodes, si j’ai certes écrit un peu, j’ai surtout fait autre chose. Passé du temps avec ma compagne ou mes amis. Allé a des concerts. Fait du jeu de rôle, lu, vu des films. Joué aux jeux vidéo. Dormi aussi. Déprimé, beaucoup.

Sans doute avais-je besoin d’une légitimité pour créer. Je ne me sentais pas autorisé à écrire. J’étais un ingénieur au chômage, pas un écrivain au chômage…

 

Ce qui m’avait aussi beaucoup freiné, c’était le fait de ne pas trouver d’éditeur pour mes livres précédents. Revenons là-dessus. J’avais écris les trois tomes de L’Empire à Sacrifier et envoyé le premier à une vingtaine d’éditeurs généralistes ou spécalisés en fantasy. Mon tort a peut-être été de ne sélectionner que les plus grands éditeurs. Les plus grands éditeurs étaient difficiles à convaincre, les plus petits étaient difficiles à connaître. Je savais déjà à l’époque que les grands éditeurs recevaient une quantité colossale de manuscrits et publient très peu de premiers romans. Je savais aussi déjà qu’il y avait encore moins de chances qu’ils publient un inconnu. Les éditeurs fonctionnent au coup de cœur, et il est plus facile d’avoir un coup de cœur pour un écrivain qu’on a eu l’occasion de rencontrer et de cotoyer un peu. Ma démarche de pêche des grands éditeurs par correspondance avait autant de chances d’abouter que de pêcher un requin avec un ver de terre comme appât. Il eut fallu plutôt que j’écume les salons, ou que je me fasse un nom en multipilant les concours littéraires ou les apparitions dans les recueils de nouvelles, ou que j’aille démarcher de plus petits éditeurs. Voire des micro-éditeurs. Par ignorance et par orgueil, je ne l’ai pas fait. J’ai donc accumulé les lettres de refus des éditeurs, pour Un Empire à Sacrifier comme pour Hors de la Chair ou La Guerre en Silence, mes romans suivants.

Une exception dans ce fiasco. Un an et demi après mon envoi, une maison d’édition me renvoie le manuscrit d’Un Empire à Sacrifier, criblé d’annotations. Avec la mention claire que le manuscrit était publiable moyennant un travail de réécriture de ma part. Las ! J’étais en classe préparatoire à ce moment, en situation de détresse morale, j’étais passé à autre chose, en l’occurrence Hors de la Chair, j’étais désemparé et désorganisé et je n’ai pas trouvé l’énergie, ni de m’atteler à ce travail de réécriture, ni même de répondre pour négocier un délai. J’ai lâché la seule main quoi m’était tendue.

Après cette période de chômage et de CDD, je trouve un CDI en tant que conseiller agricole. Le métier est simple et j’arrive à faire illusion jusqu’à être titularisé. Je commence ce travail dans le même état de dépression que j’avais en chômage. A cette époque, je me suis mis à fumer des cigarettes. Presque un paquet par jour. Je mange. Sans modération. Je bois. Un à deux vers de vodka tous les soirs, sans modération quand je suis en soirée. J’accumule des biens matériels pour me rassurer. Je prends trente kilos en quelques années. Mélomane, je vais collectionner les CD, j’en achèterai 600 au total. J’avais pris l’habitude d’être à découvert pendant le chômage, je reste à découvert même avec un salaire fixe. Je suis très peu créatif. Le seul domaine de créativité qui me reste, c’est un univers de jeu de rôle que je développe, Millevaux. Mais si je passe du temps à le tester en jeu de rôle, je ne le pose pas par écrit. J’avais péniblement rédigé un premier guide de l’univers pendant mon chômage. Une fois le travail repris, c’est le néant.

Quand je suis au travail, je passe beaucoup de temps à vagabonder sur internet. Je parcours des sites de forum sur le jeu de rôle, des sites de graphisme, des articles de Wikipédia, et puis un peu tout ce qui me passe sous la souris. Sans prêter attention au temps que j’y passe. C’est un travers que j’ai depuis que j’ai commencé à utiliser internet , il y quinze ans. Une vraie dépendance. Quand je vagabonde sur internet, je ne pense pas à mes soucis ni à mes obligations. Je fuis. Je m’abîme dans l’ennui, sans chercher à construire quoi que ce soit. J’oublie un temps que je vis dans une prison. Un prison salariée qui paye les factures, une prison de cigarettes, de malbouffe et de jeux vidéo, une prison de surf stérile sur internet. Au moment où je me sens le moins impliqué dans mon travail, on me confie davantage de responsabilités. Alors, c’est le burn-out.

Je n’arrive plus du tout à réaliser mon boulot dans les temps. Le dégoût, la panique, le retard s’accumulent. Mes clients et mon patron me font des remarques. J’en veux à la terre entière d’être là. Quand je rentre à la maison, je pleure. C’est une sensation que je connais bien, depuis la deuxième année de classe prépa. J’ai l’impression que ça recommence en pire.Derrière, le spectre que ça ne s’améliore jamais. Que je passe le restant de mes jours à mener une vie que je déteste. Une vie de confort, de lâcheté, d’excès, d’inaction, de crise et d’ennui. Une vie aussi à accumuler les expériences sans jamais m’en servir pour un acte créatif.

En fait, je me sentais tellement mal que j’ai demandé de l’aide. Et j’en ai obtenu. Ma compagne m’a soutenu. Mes amis et ma famille aussi. Mon médecin m’a guidé vers une psychologue du travail qui m’a sauvé du désastres. Les livres, aussi, m’ont beaucoup aidé. Toutes ces personnes m’ont fait comprendre que le problème ne venait pas de ma situation, mais de ma perception de la situation. Il venait des choix que j’avais faits, il venait de mon inaction.

Alors j’ai agi. Je me suis documenté. Je me suis trouvé de mentors, et j’en ai redécouvert des anciens. J’ai appris à m’organiser dans tous les domaines. Je me suis réinventé un mode de vie. En quelques années, j’ai arrêté de fumer, j’ai arrêté l’alcool, j’ai perdu les trente kilos que j’avais pris, je me suis dégagé du temps libre, du temps libre de qualité. Et j’ai repris l’écriture, plus que jamais, tous les jours. Et le photomontage, et la création de jeu de rôle. Ces trois dernières années, j’ai crée le blog Outsider pour parler de la créativité. J’ai autoédité dix livres, dont 5 créations antérieures et 5 créations rédigées sur cette période.

Un éditeur m’a aussi contacté pour publier un roman, mais après des bien des hésitations, j’ai déchiré son offre car je préfère démontrer qu’on peut faire vivre un livre en indépendant. En écoutant les personnes prêtes à m’aider, en utilisant ma créativité pour réinventer ma vie et pouvoir choisir les choses auxquelles je contribue, je suis enfin fier de mes choix. J’ai mis en place les conditions qui m’ont permis de devenir créatif à plein temps, j’ai eu la chance d’opérer ma révolution personnelle.

Cette série d’article est là pour partager à mon tour ce qui peut-être contribuera à poursuivre votre propre révolution personnelle.

11 réflexions au sujet de « Mon histoire »

  1. Bonjour Thomas Munier,

    Attention, je vais faire de la psychologie d’amateur, mais j’ai trouvé quelque chose de bizarre dans votre autobiographie, au début : « Un jour, mon mère m’a demandé ».

    Vous avez tapé un « m » à la place du « p » pour le mot « mère » à cause d’un glissement du doigt sur le clavier ou vous ne voulez pas parler de votre mère ?

    Votre père est présent dans votre texte, mais pas votre mère.

    PS : je suis aussi de temps en temps sur le forum de Terres étranges.

    Nicolas H

    • ma foi Nicolas, c’est surtout une coquille, je voulais bien écrire « père ». C’est vrai que ma mère est absente de ce témoignage. Là où se situe la psychologie d’amateur, c’est qu’étant jeune, j’ai surtout « chargé » mon père de prévention à l’égard de la créativité, alors que c’était à la fois l’œuvre de tout un milieu familial et éducatif, et aussi un blocage interne. Je regrette d’avoir manqué de clairvoyance à cet égard, mais c’est en faisant des erreurs qu’on grandit.

      Merci pour ton suivi sur Terres Etranges !

  2. Thomas, une histoire puissante, à laquelle il m’est très facile de m’identifier. Merci de partager, merci de ta démarche si porteuse d’espoir, de ton courage aussi.

    Et longue vie à ta créativité.

  3. Merci pour ce témoignage personnel (voire un peu intime) et chargé d’émotions ai-je eu l’impression, notamment par rapport aux fautes & coquilles inhabituelles .. (pas très graves bien-sûr ..)
    Je trouve cela vachement courageux de se livrer & se dévoiler ainsi.
    A mon avis, cela n’a pas dû être simple à faire, par rapport aux personnes concernées notamment, mais peut-être me trompé-je complétement.
    En tout cas, je trouve cela bien intéressant et enrichissant.
    Bonne suite !

    • Merci beaucoup Frédéric,
      En effet, ce fut moins que simple, je l’ai fait parce que ça me semblait utile (pour les personnes qui vont lire la suite de cette série d’articles), et je voulais attendre le moment opportun pour que ça ressemble à autre chose qu’à un règlement de comptes.

  4. Merci Thomas, ton témoignage est important. Dans une société construite par la pensée unique, il faut des témoignages comme le tiens pour servir d’exemple à tous. Pour que beaucoup puissent entreprendre ce voyage, il faut pouvoir imaginer l’alternative et souvent l’exemple permets non seulement d’imaginer mais aussi de constater la faisabilité. On peut donner du sens à sa vie, privilégier la qualité et oublier le rendement ou le profit. Dans un monde où toute la force de la communication s’acharne à faire de la productivité un graal, les exemples vivant d’émancipation deviennent essentiels.

    • Merci Xavier. Oui, derrière tout ça, il y a en effet la notion d’exercer sa souveraineté. J’en parlerai bien plus en détails par la suite.

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