Méthodes d’hier et d’aujourd’hui

La seule chose certaine, c’est le changement. J’emploie des méthodes pour créer davantage, et je les remanie au fil du temps. La méthode est un moyen, la créativité est une fin. Tour d’horizon de mes méthodes d’hier et d’aujourd’hui.

Les invariants

Ce sont la GTD (tenir une liste des taches) et la simplicité volontaire. Les deux sont compatibles : la GTD n’est complexe que si on pense complexe. GTD + simplicité volontaire, c’est l’objectif zéro.

Un autre invariant, dont je parle rarement, c’est le zéro papier. Autant que possible, j’écris sur ordinateur, ne laissant les notes manuscrites qu’au nomadisme : je n’ai qu’un ordinateur fixe et comme j’évite tout nouvel achat… Dès que je peux, je retape la note manuscrite et je jette mon brouillon (sauf si je peux utiliser le verso). J’évite aussi d’imprimer, sauf quand il s’agit de fabriquer un livre artisanal. Quand j’ai fini de lire un livre, je le donne, une vingtaine d’ouvrage de références mis à part. Le zéro papier contribue à me désencombrer la tête et l’espace.

Ne rien laisser à portée

Au début, j’avais repensé mon poste de travail dans ce sens : plus une chose était utilisée souvent, plus elle devait être rangée proche de mon ordinateur.
A une époque, j’avais poussé le bouchon jusqu’à ranger mes affaires de petit-déjeuner au pied de l’ordinateur, pour travailler pendant le petit-déjeuner.
Bilan : Je ne faisais plus de pause, ou quand j’en faisais, je restais installé devant l’ordinateur. Et si c’était une pause pour boire une tisane ou manger un fruit, qu’est-ce que je faisais en même temps ? Je vagabondais sur internet. Et quand ma tisane ou mon fruit étaient terminés ? Je continuais à vagabonder sur internet.

Aujourd’hui, je suis sur un bureau vide. Les choses vraiment utiles sont proches, mais dans des tiroirs. Et la nourriture est loin. Quand j’en ai besoin, je me lève. Quand j’ai besoin de prendre du matériel, je me lève. Résultat, je fais davantage de pauses, mais des pauses plus courtes, avec de l’exercice, et sans vagabondage internet.

Se trouver des distractions valides

On a toujours besoin de prendre des pauses. Plus on reste concentré sur une tâche, plus la vigilance baisse. Faire une pause, c’est remonter sa vigilance à bloc.
Faire des pauses est la clé de l’efficacité. Mais pas n’importe quelles pauses.
Je veux éviter le vagabondage sur internet : par son côté addictif, je suis sans contrôle sur la durée des pauses, elles créent peu de valeur et n’apportent aucune énergie. Et je veux aussi éviter le grignotage : si je mange des sucres raffinés pendant mes pauses, je mine les efforts consacrés à perdre presque 35 kgs durant ma quête d’énergie.

Pour supprimer ces pauses indésirables, je les substitue par des pauses vertueuses.

Premier mot d’ordre : se lever de l’ordinateur pour prendre ses pauses.
Ainsi, je me bouge, je regagne de l’énergie. Astuce pour boire de l’eau : je monte à l’étage remplir mon verre.

Deuxième mot d’ordre : occuper mes pauses.
+ Manger un fruit : sucre non raffiné, gain d’énergie, peu de gain de graisse.
+ Boire une tisane : zéro calorie, zéro excitant. Les excitants me font perdre plus d’énergie qu’ils ne m’en rapportent au final, c’est de l’énergie à crédit et ça se paye : trop d’excitants dans la journée et je ne dors plus.
+ Faire du ménage ou du rangement, lire… ce qui m’évitera de le faire plus tard.

Je peux aussi basculer. Laisser une tâche qui me lasse pour en commencer une autre. J’ai toujours de quoi dans ma liste.

Internet maigre

On l’a vu, ma bête noire, c’est le vagabondage sur internet. J’utilise internet parce que c’est ma vitrine. Mais je veux l’utiliser en priorité en émetteur. Le temps de réception, c’est juste lire mon public et lui répondre. Et dans une moindre mesure, du suivi bibliographique sur des sites choisis. J’évite d’être tenté de passer du temps en réception sur d’autres sites.

Première méthode : commencer la revue internet à 15 h au plus tôt. Mais j’y fais des exceptions, si je suis à l’extérieur l’après-midi ou si j’ai des recherches à faire. À ces occasions, je serai tenté de vagabonder sur internet.

Deuxième méthode : remettre la recherche bibliographique à plus tard. Quand je vois un article intéressant, je le mets en marque-page plutôt que de le lire aussitôt. Je limite mon temps de lecture pour les articles. Si les moins intéressants ne sont jamais lus, tant pis pour eux.

Troisième méthode : recopier les articles à lire dans un logiciel de traitement de texte. Cela me permet une lecture sans distraction.

Quatrième méthode : Avoir zéros amis sur les réseaux sociaux. En tout cas, le moins possible. Sur Facebook, j’ai une cinquantaine d’amis, mais j’en suis moins d’une dizaine. Les publications des autres sont masquées. Sinon, je me retrouverais avec une revue de presse colossale.

Au final, j’obtiens un internet maigre, sans distraction.

La séance « Idées libres »

Quand j’ai commencé à réfléchir sur mon organisation, je consacrais dix minutes en fin de journée à brainstormer avec un papier et un crayon sur les problèmes qui m’accaparaient l’esprit sur le moment. Cela a parfois été l’occasion de fulgurances.

J’ai depuis laissé tomber cette séance pour gagner dix minutes, mais je vais la remettre au goût du jour, en fin de journée, plutôt que de faire durer ma revue internet.

Revue de la liste des tâches tous les mercredi

Quand j’avais mon travail salarié, je revoyais ma liste des tâches professionnelle tous les mercredis, sans faute. J’avais des difficultés à le faire dans ma carrière créative, à cause de mon emploi du temps haché. Et quand j’ai basculé créatif à temps plein, j’ai omis de fixer une périodicité à ma revue des tâches. Je vais m’y mettre. C’est la meilleure façon d’avoir une vision claire sur ses priorités.

Limiter le traçage et les archives

A l’heure de ma revue hebdomadaire, j’ai pris l’habitude d’archiver ma liste des tâches en PDF. Cela date du temps où je travaillais même quand j’étais en voyage en famille, j’avais besoin d’imprimer une liste des tâches et de l’avoir dans mon sac en permanence. Mais désormais, si je suis en voyage ou en famille, je m’y consacre pleinement. Au pire, j’emporte un livre à lire ou un calepin pour rédiger quelques articles à la main, mais une copie papier de la liste des tâches papier m’est superflue.

Je vais arrêter cette sauvegarde en PDF. Elle ne me prend que quelques clics, mais puisqu’elle est superflue, autant la supprimer. J’en arrive à cette réflexion. Repérer les routines devenues obsolètes, essentiellement des routines de traçage ou d’archivage de mon activité, et y mettre un terme.

Aussi, j’ai réduit de trois quart mes revues hebdomadaires et mensuelles. Je passe moins de temps sur des bilans et plus de temps sur la créativité. Cumuler les bilans est nécessaire quand on est lourd. Si l’on devient léger, cela devient superflu.

Remettre en cause ses tâches routinières

En six mois d’activité, je n’ai publié aucun nouveau livre papier. La raison principale : les comptes-rendus de parties de jeu de rôle, qui m’ont pris trois quart de mes matinées. Cela représente une œuvre intéressante, mais la place qu’elle prend est excessive. Aujourd’hui, même si j’arrêtais de faire des parties, j’aurais suffisamment de comptes-rendus en réserve pour en diffuser pendant trois ou quatre mois.

D’une, je vais dégraisser mes comptes-rendus. Limiter le volet technique par exemple. Surtout, je vais moins tester mes jeux, tester davantage les jeux des autres, sans faire de compte-rendu.

La rédaction de comptes-rendus de partie était devenue une routine. Elle a fini par prendre une place démesurée, il est urgent de la remettre en question.

Stop aux nouveaux projets

J’ai déjà dit que l’important était de faire ce que l’on aime. J’ai aussi dit que mener plusieurs projets de front était salutaire. J’ai enfin vanté le fait de garder l’esprit ouvert aux nouvelles opportunités.

Pour autant, ces principes m’ont souvent servi de prétexte pour laisser en plan des anciens projets au profit de nouveaux, ni forcément plus personnels, ni forcément plus passionnants. Aujourd’hui, dorment dans mon disque dur des milliers de page d’écriture. Si je leur consacrais toutes mes matinées, je pourrais sortir, au moins sur une version texte pur, une dizaine de livres dans l’année. Ces livres sont importants à mes yeux, cruciaux. Ce sont mes œuvres, et je brûle de les partager. Aussi, je prends l’engagement de limiter les nouveaux projets au maximum, et de mettre en sommeil certains de mes projets les plus récents, car les plus anciens dorment depuis trop longtemps. Je suis disponible pour échanger avec chaque personne qui projette une œuvre dérivée de la mienne, mais en ce qui me concerne, je m’abstiens d’initier de nouveaux projets, je réinvestis mon énergie dans la diffusion des anciens.

Travailler sans date limite, mais conserver un sentiment d’urgence

Aujourd’hui, mes travaux avec des dates limites se restreignent à quelques collaborations avec des magazines ou des éditeurs. Travailler sans date limite me permet de rester serein.

Pour autant, j’ai besoin, pour conserver mon engagement, de réaliser que le temps reste compté. Au final, on a tous une date limite : nous sommes mortels.

Quelle empreinte veux-je laisser ? Qu’est-ce qui est important à faire ? Pourquoi cela en vaut la peine ?

Au final, ce sont ces réflexions au sujet de ma vocation qui donnent de l’énergie, bien plus qu’une méthode d’organisation.

C’est pour ça que je sors du lit tous les matins.

5 réflexions au sujet de « Méthodes d’hier et d’aujourd’hui »

  1. Bonjour Thomas,

    Je me reconnais dans tout ce que tu dis et j’ai pris peu ou prou les même habitudes récemment, donc je t’y encourage pleinement !

    J’en ai d’ailleurs parlé d’une manière différente sur mon propre blog récemment : https://covenether.squarespace.com/blog/2016/1/1/2016-viser-les-etoiles

    Concernant les rapports de partie, je comptais justement ouvrir un post à ce propos prochainement sur les Ateliers car il y a je pense des façons plus simples de faire des rapports. Personnellement, je suis rendu que je lis de moins en moins la fiction pour sauter directement aux commentaires sur la partie. Et je pense que je ne dois pas être le seul ! Il y a certainement une autre façon plus constructive de faire des rapports, qui à la fois demanderaient moins de temps à écrire, et irait davantage aux réflexions qui nous intéressent.
    Qu’en penses-tu ?

    Quoiqu’il en soit, merci pour cet article !

    • Merci pour ton article Gaël, je l’ai lu avec intérêt ! Pour ce qui est de vouloir élargir son public, j’ai déjà dit que le public idéal, c’était une personne, mais je peux comprendre qu’on recherche à en toucher davantage. Si tu diffuses tes œuvres et si tu persévères, crois-moi ce public arrivera tout seul.
      Concernant les rapports de partie, je t’invite à partager ton point de vue sur le fil dédié dans les Ateliers Imaginaires. http://lesateliersimaginaires.com/forum/viewtopic.php?f=53&t=3737
      Ce qui est amusant, c’est que de mon côté, c’est l’aventure qui m’intéresse le plus à raconter. Le volet technique est certes important, pourtant c’est bien par les aventures jouées que je cherche à convaincre mon public. Sans parler de leur intérêt littéraire, puisque je comptes bien un jour sortir un recueil de nouvelles tiré de mes rapports de partie. Bon, voilà, on est dans le registre des goûts et des couleurs. A l’heure actuelle, réduire mon rythme de jeu me convient bien, ça me permet de me recentrer sur l’écriture.

      • Je partage ton opinion concernant le fait d’élargir son public. Je l’ai peut être mal exprimé dans mon article, mais c’est surtout que je produis beaucoup de choses et que je ne prends pas le temps de le diffuser et d’en faire un minimum de promotion donc j’ai décidé de m’y atteler davantage à partir de maintenant : produire moins de choses, mais qui me tiennent vraiment à coeur, et prendre le temps de le partager. Ensuite peu importe le nombre d’intéressés, ce qui compte pour moi c’est de créer des oeuvres personnelles.

        Concernant les rapports de partie, je te donnerai mon avis dès que j’aurais un moment sur le fil dédié.
        Merci pour cet échange !

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