Les vacances toute l’année

A l’occasion de la rentrée, nous replongeons tous dans le tumulte de nos activités. Nous sommes beaucoup à regretter que les vacances soient terminées, qui les a consacrées au farniente, qui les a consacrées à ses proches, qui les a consacrées au tourisme, qui les a consacrées à une activité créative. En fait, nous ne vivons que pour nos vacances. La rentrée sonne l’heure du retour au travail. Ecole, travail salarié ou entrepreneuriat qui nous vole notre vie.

Si j’en parle, c’est bien parce que j’ai été dans ce schéma-là jusqu’il y a peu. Je fais un travail de bureau alimentaire, parce qu’il y a quinze ans j’ai fait de mauvais choix d’orientation. Je n’ai pas osé entreprendre de vivre de l’écriture à plein temps, j’ai opté pour une carrière au lieu d’opter pour ma vocation. Je ne le rappelle pas pour me lamenter. Maintenant, je sais que c’était ma décision et non pas celle de tierces personnes. J’ai donc repris le contrôle là-dessus et j’ai programmé une transition vers l’écriture à plein temps.

En attendant, et pour quelques temps encore, j’ai ce travail salarié. Ça ne m’empêche pas d’être en vacances toute l’année. Voici comment je m’y prends.

+ J’ai amélioré mon efficacité et mon lâcher prise pour travailler sans stress. Travailler sans reprendre son souffle, en courant, sautant de la boîte mail au téléphone jusqu’à 19 heures, c’est tout sauf être efficace. J’ai longtemps travaillé sans remettre en cause mes méthodes car elles étaient suffisantes pour que le job soit fait. Je ne voyais pas le prix à payer en stress, en fatigues, en erreurs, en travail inutile.
+ Je ne me fixe pas de date limite ou d’objectif, toujours contre le stress. Mon patron m’en fixait jadis mais maintenant que je suis efficace, il ne m’en fixe plus.
+ Je ralentis le rythme.
+ Je ne fais jamais d’heures supplémentaires.
+ A défaut d’avoir atteint la semaine de 4 heures, je ne travaille déjà plus que 6 heures par jour.
+ Je ne m’intéresse pas à ce que pensent mes collègues ou mes clients de mon travail. Hors de question d’avoir une crise de nerfs parce que j’arrive 5 mn en retard ou parce que je ne perds pas de temps à faire une belle reliure sur mes rapports. Vous savez quoi ? Je suis plus efficace ainsi.
+ Faire la sieste, de l’exercice, contempler, pour se régénérer.
+ Prêter attention à la quantité et à la qualité de son sommeil. Je me couche tôt et j’ai arrêté le café. Résultat, je suis rarement fatigué. Je ne laisse pas la fatigue me gâcher l’existence.
+ Passer quatre demi-heures de mon temps de bureau à écrire m’aide considérablement à me sentir libre, comme en vacances.
+ Le plus efficace reste encore de se le dire comme un mantra : « Je suis en vacances toute l’année. ». Le mieux, c’est devant mes collègues et avec un grand sourire. Je vais paraître un peu pervers, mais leur mine déconfite suffit à faire ma journée.
+ Objectif promotion zéro. J’ai vu un collègue accepter de doubler son volume de travail pour 60 € mensuel. C’aurait pu être moi. Alors, adieu les week-end. Je ne mange pas de ce pain là. Mon défi, c’est de produire moins, travailler moins, gagner moins, consommer moins. L’ironie du sort, c’est que j’ai quand même eu une prime individuelle cette année, alors que j’avais déjà réduit mon temps de travail à 7 heures par jour.
+ Etre en vacances aussi à la maison. L’autre ironie, c’est que si j’ai quasiment éliminé le stress au travail, ce n’est pas encore le cas dans la vie courante. Je suis en train de déménager et j’ai eu du mal à ne pas me laisser affecter par les soucis logistiques. Mais je lâcherai de plus en plus prise à terme. Un souci se profile ? Je note la prochaine action à entreprendre et je n’y pense plus.

On se sent en vacances quand on peut passer du temps avec ses proches, passer du temps à se ressourcer, passer du temps à créer. On est en vacances toute l’année quand on se ménage du temps pour cela tous les jours.

2 réflexions au sujet de « Les vacances toute l’année »

  1. Comme toujours, un post très intéressant et très enrichissant.
    Je te rejoins totalement (« Objectif promotion zéro » excellent !). J’essaye d’adopter progressivement une approche similaire, même si ce genre d’attitude (de conviction !) reste socialement mal perçu.

    Bravo en tout cas !

    • Quand j’ai eu mon entretien annuel, pour faire passer la pilule de la promotion zero, j’ai expliqué que je préférais me conforter dans une situation de maîtrise pour rendre un service plus efficace encore, plutôt que de me disperser avec de nouvelles responsabilités. Je crois qu’on peut faire accepter la promotion zero en le formulant bien. Dire qu’on veut rester concentré, pas occupé. Auprès de sa famille, explique qu’on donne la priorité à sa qualité de vie plutôt qu’à son revenu. Comme toujours, chaque situation est unique mais c’est le genre de pistes que je propose.

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