L’Almanach de Millevaux

Voilà dix ans que je développe l’univers forestier de Millevaux, et il a un visage bien différent de celui qu’il avait au départ. Ou plutôt, il a pris mille visages. D’un cadre post-apocalyptique bûcheron sur fond de musique drone des premiers mois, il s’est répandu jusqu’à devenir une sorte de mythe. Mythe ouvert depuis un an aux collaborations tierces depuis que Millevaux est inscrit dans le domaine public, avec des jeux de rôles, des nouvelles, des musiques créées par d’autres personnes. Mythe qui s’accapare beaucoup de créations tierces, avec une compilation d’inspirations, de musiques et de jeux.


Tout est Millevaux, et Millevaux est tout. J’agrège tout ce que je vois et j’entends dans cette apocalypse forestière. La moindre anecdote, la moindre image, la moindre expérience trouve matière à nourrir cet univers d’arbres, de mémoire, de maladie, magie et de barbarie. C’est assez logique puisque le thème principal de Millevaux est très large : c’est le thème de la vie, sous toutes ses formes.

Cette boulimie d’inspirations a donné un monticule de notes en prévision de deux futurs livres d’univers : Écosystème et Surnaturel.

« Il ronge la pierre, lichen rouge.

Il ronge l’acier, lichen brun.

Il ronge les chairs, lichen noir. »

J’éprouve une réelle souffrance à constater le décalage entre ma vitesse de conception et ma vitesse d’écriture. Beaucoup de notes dorment sur mon disque dur en attendant que j’en fasse des livres à partager. Cette souffrance s’est intensifiée avec l’éclosion d’une communauté de personnes qui explorent Millevaux, pour y jouer ou produire des œuvres dérivées, à qui ce matériel pourrait être utile.

C’est pour combler de décalage que j’ai élaboré le concept des éditions brouillons (publier des notes ou des versions textes avant de sortir les livres maquettés et illustrés). Dans la même veine, j’ai ouvert en 2015 le compte twitter @Millevaux. J’ai commencé à y mettre en forme certaines de mes notes, au rythme de une par jour.

Twitter est une belle école d’écriture. La limite de 140 caractères m’a invité à aller dans l’essentiel, tout en exploitant au maximum le potentiel de chacune de mes notes. Or, écrire un univers, qu’il soit destiné à l’exploration ou au jeu de rôle, c’est écrire du potentiel. Chacun de ces tweets tenait à la fois du haiku et de la cellule-souche.

J’ai eu le plaisir de constater que plusieurs personnes se sont prêtées au jeu, et donc le compte s’est enrichi des contributions d’Arjuna Khan, Antoine « Kirdinn » Nobilet et Weeping Jay.

« Derrière ces cages de corps, cadavre souriants.

Il y avait une perle qui attendait d’être cueillie.

Kinder, mon chasseur de fée. »

par Arjuna Khan

Aujourd’hui, j’ai compilé l’ensemble de ces tweets, et quelques nouveautés, dans cet Almanach de Millevaux. Je le publie aujourd’hui en version brouillon ; c’est-à-dire un PDF en texte pur et la version traitement de texte. Le projet de livre illustré est en cours. Cette version texte est pour celles et ceux qui ne sauraient attendre davantage.

crédits : arsen guschin, publienergy, road less trvled, licence cc-by, galeries sur flickr.com

L’Almanach est à la fois un calendrier perpétuel, un poème, un guide d’univers, un guide d’écriture pour créer des œuvres dans l’univers de Millevaux, et une aide de jeu pour les jeux de rôles ayant lieu dans l’univers de Millevaux.

C’est aussi une grande table aléatoire. J’affectionne les tables pour la fiction qu’elle génère, comment elles invitent notre cerveau à faire des associations surprenantes, à créer du sens. J’avais déjà fait deux tables à 144 entrées pour Inflorenza, également rédigées sur twitter, et plus récemment, je vous avais proposé une série de tables aléatoires pour Millevaux. Les tables de l’Almanach vous piègent dans un monde encore nouveau, touffu, délirant, profondément magique, différent, avec un dangereux air familier. Un monde aux mille visages. Les visages que vous lui donnerez, par vos propres créations.

« Le jour de Lazare, nous reviendrons, purs et innocents.

Lavés de nos péchés, drapés de chair putride,

nous tituberons sur la Terre Promise. »

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