La vision inconsciente

Un article invité de Silver Quettier

Le processus créatif est à l’image de ceux qui le suivent, c’est pourquoi, à mon sens, il n’existe pas qu’une seule recette. Je pense néanmoins qu’il doit toujours exister une « vision », pour reprendre le terme marketing, une idée centrale qui pose les bases de tout le reste – et il importe, pour une bonne création, que cette idée soit plus fond que forme. La forme peut devenir susbtance, et un exercice sur la forme s’épanouir en une création intéressante, mais il me semble que vouloir à tout prix atteindre un résultat ayant une certaine forme est l’assurance d’un échec.

Du coup, mes créations personnelles naissent d’une idée, un besoin, un concept, résumable en quelques mots. Ensuite, il s’agit d’un travail de fourmi, produire des idées encore et encore, dans une frénésie d’écriture qui part en tout sens. Coucher sur papier toutes les idées pouvant s’accrocher sur cette vision, sans les passer au crible de la critique. Et lorsque l’amoncellement d’idées est suffisament gros, sortir le rasoir d’Ockham, et en faire un tri minutieux, n’en garder que la crème, la substantifique moelle qui permettra de s’approcher de la perfection telle que Saint-Exupéry la décrit.

Cependant, ce n’est en réalité pas de ça que je souhaite vous parler aujourd’hui. Le processus que je vous ai décrit est conscient, délibéré, et il a accompagné toutes mes créations… Sauf la dernière.

J’ai écrit récemment le script d’un très court métrage (presque un clip). Mais cela c’est fait suite à une épiphanie, une révélation. D’un coup, quelque chose s’est ouvert dans ma tête, et l’idée était là, presque dans ses moindres détails. Il me reste des zones d’ombre sur lesquelles travailler, mais le script a été, dès les premières minutes d’écriture, extrêmement détaillé.

Un peu d’analyse et de recul m’a permis de comprendre d’où cette idée était venue. Il s’agissait du même processus que celui que je vous décrivais en introduction, mais inconscient. Mon esprit avait un désir secret, une vision cachée qui vivait aux marges de ma conscience. Et au fil des rencontres, des influences, j’ai inconsciemment « pris des notes » dans un coin de mon cerveau, jusqu’au jour où le produit fini à été régurgité à l’attention de la partie émergée de mon esprit. Il y avait un peu de travail à faire, des choses à corriger, à préciser, mais cet évènement, qui m’apparut comme une explosion de puissance artistique brute, fut proprement grisant.

J’espère un jour avoir l’occasion de vous montrer le produit fini de cette expérience extraordinaire. Je remercie par avance les quatre « Muses » qui m’ont apporté les quatre principales influences qui, une fois mélangées à mes rêves et à ma nature profonde, ont permis la maïeutique de ce court métrage, ou en tout cas, de son script. L’une m’a fait découvrir un morceau de musique que je ne connaissais pas, deux m’ont montré des vidéos d’une grande force artistique, et la dernière, bien que l’ignorant probablement, m’a inspiré par l’œuvre d’art la plus brute et personnelle qu’une personne est capable de porter : son propre corps. C’est tout ceci qui, broyé, découpé, puis tissé avec les fils de ma propre nature, m’a donné cette révélation artistique.

Je m’appelle Silver Quettier. Informaticien de jour, escrimeur artistique de nuit, j’espère bien donner corps à toutes les idées qui me tourmentent un jour. D’ici là, vous pouvez me retrouver sur mon blog, www.nullpaperexception.com, qui est assez inactif et se cherche encore une ligne éditoriale entre art, escrime, jeux vidéos, et évidemment, informatique. Ou, à défaut, poussez la porte du REC Escrime de Rennes, où vous pourrez croiser le fer en ma compagnie.

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