La semaine maigre

Mon emploi du temps évolue encore. J’ai décidé de cesser le travail pendant les week-end et les congés de mon épouse (exception faite des quelques fois où je pars en salon ou en soirée animation). Je rompt avec la politique de flux continu qui avait été la mienne depuis 2012. Je me recentre sur la famille. Quel impact cela a-t-il sur ma créativité ?

Mes ambitions créatives restent élevées. Combler mon retard (12 comptes-rendus de partie à terminer, une douzaine de livres artisanaux à réaliser). Puis reprendre la finition des livres et autres projets mis en sommeil depuis des mois ou des années.

Et pour cela, je dispose de 4 heures par jour, 4 à 5 jours par semaine. Une semaine de vingt heures, au mieux.

Comment je m’y prends ?

D’abord, je tiens mes résolutions de la nouvelle année : zéro pause, zéro gras, zéro info.

Le fait de s’interdire de faire de la biblio, de manger entre les repas, de prendre des pauses pendant mes sessions de travail… Ceci sert à une chose en principal : ça m’apprend la patience.

Et cette patience m’est utile pour mettre en œuvre une autre résolution. Le matin, c’est hors-ligne. Je consacre la matinée à tout ce que je peux faire sans me connecter à internet. Si j’ai une petite recherche à faire, j’évite de me dire : « c’est juste une minute », parce que même si cette recherche ne me prend qu’une minute, elle va me déconcentrer, et je sais aussi qu’il y a de fortes chances pour que je sois tenté de passer plus de temps. Donc je me note de faire cette recherche plus tard sur mon tableau de bord. C’est une méthode que j’ai vue à divers endroit, mais sans jamais que je l’applique moi-même. Mais maintenant que le temps m’est compté, je m’y tiens sans état d’âme.

L’après-midi, c’est en ligne. Je commence par faire mon annonce quotidienne sur mes réseaux, puis je vérifie mes mails et y réponds, puis même chose sur les forums et les réseaux sociaux. J’évite toute visite sur les blogs ou les pages des autres. D’une, j’ai assimilé assez de biblio pour tenir un bout de temps, de deux s’il y a un article vraiment intéressant pour moi, je finirai forcément par en entendre parler jusqu’à aller le lire. Je fais juste un énorme tri pour gagner du temps. Quand j’ai fini ma revue quotidienne du net, je fais toutes les petites actions en ligne que je me suis notées, et s’il reste encore du temps (mais ça n’est encore jamais arrivé), je retourne à mes tâches hors-ligne. Encore une fois, si je tiens cette discipline, c’est que le temps m’est compté.

En réduisant mon temps de travail, ai-je augmenté ma productivité ? C’est possible. En tout cas, je prends enfin le temps de me détendre et de vraiment profiter de ma famille, et c’est positif dans la globalité, notamment parce que je recharge aussi mon énergie comme ça.

Maintenant que ce premier défi est relevé, un deuxième s’amorce : faire le tri dans mes projets. J’ai une tendance lourde à mettre mes gros projets en sommeil quand il ne reste plus que les finitions, pour me concentrer sur de petits projets (qui prennent quand même du temps, tous additionnés) vite finis, avec une gratification plus immédiate mais moins durable. L’objectif, c’est cesser progressivement les nouveaux projets pour en finir quelques anciens. Terminer avant de commencer. En finir avec cette sensation de retard.

Et pour cela je dois continuer à apprendre la patience.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *