La créativité, est-ce du travail ?

La créativité peut être un travail dans le sens où elle est un labeur, elle nécessite des efforts. Elle peut même être un travail pénible ou dangereux. Pour réaliser son Palais Idéal, le facteur Cheval a véhiculé des brouettes de cailloux sur des distances de plusieurs dizaines de kilomètres tous les jours pendant trente ans. Il avait les mains rongées par la chaux qu’il utilisait pour modeler son palais. Marie Curie est morte à cause de la radioactivité des éléments qu’elle étudiait.

Cela peut aussi être tout sauf un travail. Parfois, la créativité ne nécessite aucun risque, aucun effort. Quand je fais des parties de jeu de rôle, je n’ai jamais le sentiment de travailler, bien que ces parties soient destinées à la publication d’un livre.

La créativité peut comporter des séquences de travail répétitif, cela reste de la créativité tant que cela s’inscrit dans un acte de création.

Ce serait limitatif de dire que la créativité est un travail où l’on ressent du plaisir.

Certains travaux créatifs ou non créatifs ont en commun le plaisir que provoque le fait de se plonger dans une activité en pleine conscience. Absorbé dans son travail, le passé et le futur cessent d’exister, on est centré sur le présent, on perd la notion du temps…

A peu de choses près, la notion de travail est indifférente du plaisir ou de la gêne qu’on ressent, de la facilité ou de la pénibilité, du bénévolat ou de la rémunération.

On peut distinguer deux types de travail :

+ Le travail créatif, qui est une vocation.

+ Le travail non créatif, qui est une activité de servitude consentie.

En finir avec la servitude consentie est autre chose que d’en finir avec le travail ! Il est même possible qu’en consacrant plus de temps à nos vocations, nous mettions à travailler davantage ! Mais ce sera quitter un travail aliénant pour un travail libérateur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *