Diète d’internet, le bilan : La rareté est abondance

Me voici donc arrivé au terme de ma diète d’internet de 21 jours.

J’ai la grande fierté d’annoncer que j’ai tenu bon. Et c’est grâce à vous. La force d’un engagement public et les échanges qui ont eu lieu m’ont permis de garder la motivation.

Pour conclure cette diète, je termine sur ma liste de tâches la plus courte depuis six mois. Et je n’y toucherai pas du week-end, afin d’être plus disponible pour mes proches.

J’ai repris la méditation. Je compte faire 5 minutes par jour pendant une semaine, puis deux fois 5 minutes par jour pendant la semaine suivante. Je verrai bien ou ça me mène.

Pendant ces 21 jours, en consultant moins internet, j’ai plus agi qu’en trois mois. J’ai aussi pris davantage de pauses. J’ai aussi moins pensé, moins occupé que j’étais à digérer des informations excédentaires. J’ai pensé plus juste. J’ai vécu davantage dans le présent.

Je constate que j’ai repris le grignotage pendant cette semaine d’internet. Il m’arrive de replonger légèrement dans une vieille addiction quand je travaille à réduire une autre. Je vais tenter une semaine sans grignotage. Ce n’est sans doute pas une mauvaise idée avant les fêtes.

Ma session internet de la semaine n’a duré qu’une heure trois quart. Je me rapproche de la légèreté que je recherche.

Comment vais-je gérer internet maintenant que cette diète est terminée ? Je compte repasser à deux sessions internet par semaine. De quoi offrir la réactivité nécessaire à mes partenaires sans redevenir un esclave des fausses urgences. Et je vais reprendre Outsider Daily. J’ai bien une quinzaine de news en attente. Le challenge sera de ne pas profiter de mon passage sur les réseaux sociaux pour consulter toutes mes notifications. Elles devront attendre la prochaine session internet.

Je ne ressens plus cette envie compulsive de consulter mes mails ou les forums, ou de vagabonder au hasard sur internet. L’habitude commence à remplacer la volonté, je n’ai plus à fournir de tels efforts pour passer outre l’envie d’aller sur internet quand elle se présente.

Bien sûr, j’aurai des rechutes. Il conviendra de considérer mes faiblesses avec bienveillance, et reprendre l’effort là où il avait été interrompu.

Nous avons tous un grand potentiel. Nous rencontrons tous des obstacles qui nous empêchent de l’atteindre. Mais la bonne nouvelle, c’est que ces obstacles sont souvent liés à nous-même. Nous pouvons donc y faire quelque chose, grâce à des méthodes simples qui ne nécessitent pas un si grand effort de volonté : conscientiser l’obstacle, imaginer une habitude qui le contourne, tester cette habitude sur une période réduite, avec un engagement public, tirer les leçons de cette expérience, se pardonner ses entorses, recommencer l’expérience, apprécier les bénéfices.

Acceptons de perdre du temps, mais perdons du temps à ce que nous aimons vraiment, pas aux friandises qui ne font que nous rendre plus tristes.

Créons, vivons, respirons.

4 réflexions au sujet de « Diète d’internet, le bilan : La rareté est abondance »

  1. Un bon contre-article sur l’illusion de « la liberté sans internet »

    http://www.theverge.com/2013/5/1/4279674/im-still-here-back-online-after-a-year-without-the-internet

    Morceau choisi :
    « And then, for some reason, even going to the post office sounded like work. I began to dread the letters and almost resent them.

    As it turned out, a dozen letters a week could prove to be as overwhelming as a hundred emails a day. And that was the way it went in most aspects of my life. A good book took motivation to read, whether I had the internet as an alternative or not. Leaving the house to hang out with people took just as much courage as it ever did.

    By late 2012, I’d learned how to make a new style of wrong choices off the internet. I abandoned my positive offline habits, and discovered new offline vices. Instead of taking boredom and lack of stimulation and turning them into learning and creativity, I turned toward passive consumption and social retreat. »

    • Merci beaucoup David pour ce lien et pour la citation qui résume bien la morale de l’article ! Du coup, j’ai pris la peine de le lire en entier. Ce que je crois en comprendre, c’est que si nous avons tendance à « gâcher notre temps », nous le ferons si nous allons sur internet ou pas. De même que j’ai certainement eu l’occasion de « gâcher mon temps » avant 1999, quand je n’utilisais pas internet (mais j’étais enfant ou adolescent, mon rapport au temps était beaucoup moins complexe, j’avais davantage l’impression d’avoir du temps à tuer que d’en manquer).

      Je vais continuer à te donner raison avec ce bilan personnel de ma journée. Suite à cette diète d’internet, j’évite maintenant de me connecter entre mes sessions bi-hebdmodaires, et j’ai une nouvelle fois vidé mon assiette de tâches. Seule et unique tâche de la prochaine assiette me restant en tête : travailler sur mon roman. Et bien je t’assure que j’ai trouvé plein d’astuce pour ne pas travailler dessus. Je me suis concentré sur mon travail salarié, et j’ai repris la lecture d’un pdf. Je te dis pas que j’ai sorti un jeu vidéo (chose qui ne fait heureusement plus partie de ma vie depuis trois ans) ou une bande dessinée. J’ai travaillé, mais j’ai travaillé dans le but de remettre à demain ce qui était vraiment important : mon putain de roman.

      En ce qui me concerne, je reste sur un bilan positif de ma diète, et je précise que je n’ai jamais totalement arrêté internet, j’ai juste arrêté de l’utiliser avec compulsion.

      Je sentais confusément qu’internet n’est pas le problème, tu viens de m’aider à le confirmer. Quant à vous, quelles sont vos activités de procrastination ?

  2. bonjour,

    Je suis un Bouddhiste roliste et t’a réflexion est ( à mon sens ) , d’une grande profondeur.
    je crois que l’un des enjeux pour les décennies à venir pour ce nouveau monde à venir , sera de gérer ce flux incroyable d’information .
    Comment faire face ?
    Comment redécouvrir le temps qui passe ?
    Comment nos ancètres avant le numérique et même les journaux , voyaient-ils le monde ?
    Comment cette société de la masse de tout , influence t-elle notre mental ?
    Un mental grandiose est-il en relation avec cette notion de bonheur ?

    Le JDR offre des perspectives pour que notre mental est la capacité de se projeter dans des univers multiples et comprendre que nos représentations sont illusoires mais beaucoup de rolistes loupent cette opportunités philosophiques du JDR pour aider à comprendre cette relativité de nos existences …

    Combattre oui !! mais pourquoi ?

    ludiquement votre

    christophe champalaune

    • Bonjour Christophe,

      Tes questions sont plus précieuses que des réponses !

      Je ne suis pas bouddhiste, mais je marque un certain intérêt pour le versant philosophique du bouddhisme.

      Je ne sais pas comment on peut faire face à la raréfaction des choses essentielles et la surabondances des choses inutiles. Sinon un certain sens du dépouillement. Refuser les dernières pour accepter les premières. Se détourner de l’inutile pour produire de l’essentiel.

      Concernant les apports du JDR, je suppose évidemment qu’on pourrait faire un jeu sur ce thème. Je ne suis pas certain qu’il soit déjà écrit. Cela dit, tu pourrais trouver intérêt à découvrir Monostatos de Fabien Hildwein, qui porte certains des thèmes qui te paraissent chers.

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