De meilleurs lendemains

Quand l’art donne un sens à notre vie, ne pas s’y consacrer à plein temps peut être douloureux. Pourquoi ? Comment y remédier ?

À mesure que nous nous accomplissons à travers nos créations, notre travail salarié, nos études, ou notre chômage apparaissent de plus en plus ternes, ennuyeux, absurdes. La création est une joie, le travail est une corvée.

Nous sommes nombreux à nous être mal orientés. Nous n’avons pas pris de risques, nous avons été raisonnables, nous avons suivi de mauvais conseils, ou plus sûrement, nous ne nous sommes pas écoutés. Aujourd’hui, nous payons les conséquences de nos mauvais choix.
Heureusement, il n’y a pas qu’une vie dans la vie. Si nous y croyons vraiment, nous parviendrons à nos fins, nous pourrons êtres créatifs à plein temps. Il y aura des sacrifices à faire, notamment financiers, mais nous les ferons avec joie. Mais en attendant ces meilleurs lendemains, que faire pour garder le moral ?

Je tente ici de proposer des pistes. Je suis moi-même dans cette situation. Je ne prétends pas toujours la vivre sereinement, mais avant j’étais dans un état de permanente dépression et je l’ai surmonté grâce à quelques astuces et de l’aide extérieure. Je cite aussi des solutions que je n’ai pas appliquées, mais qui peuvent convenir à d’autres.

+ Dégager plus de temps pour créer : Notre travail alimentaire inhibe notre puissance d’action. Commençons par trouver de nouvelles plages de temps pour nous épanouir dans la créativité. Transports en commun et files d’attente sont idéaux pour lire, écrire, dessiner. Éteindre la télévision. Abandonner les loisirs qui ne nous apportent rien et nous distraient de ce qui est important. Rompre certains de ses engagements. Dormir moins, mais dormir mieux. Une sieste d’une demi-heure et huit heures de sommeil la nuit plutôt que dix heures de sommeil la nuit. Augmenter sa productivité pendant son travail salarié, pour prendre plus de pauses et les consacrer à l’écriture, au brainstorming ou à la communication avec son public. Une journée où vous avez pu dégager une à trois heures pour créer est une journée qui passe plus vite.

+ Créer de la synergie : Il s’agit de faire davantage correspondre son métier et sa mission. Trouver un poste plus créatif au sein de son entreprise ou ailleurs, ou apprécier et rechercher les moments créatifs au sein de son poste actuel. Ce n’est pas toujours évident, certains métiers actuels, comme ouvrier ou opérateur téléphonique, vous demandent de suivre des protocoles et de ne surtout pas être créatifs. Mais dès qu’il y a la moindre marge de manœuvre, il faut en profiter. J’ai développé beaucoup de techniques de créativité dans le cadre de mon travail salarié. La synergie peut aussi s’opérer dans votre vie personnelle. Quand on est auteur de jeu, jouer une partie avec ses amis est la meilleure dépense de temps possible. Fabriquer soi-même les cadeaux d’anniversaire en est une autre. J’ai progressé en photomontage quand j’ai réalisé les faire-part de mon mariage.

+ Moins répondre à ses désirs et réduire ses dépenses : Réduire ses besoins financiers permet ensuite de négocier un trois-quarts temps, ou un mi-temps. Réduire ses besoins financiers permet aussi d’envisager la transition plus sereinement. Cela permet surtout de rediriger ses désirs de possessions matérielles vers des désirs de création, beaucoup moins onéreux et beaucoup plus gratifiants à court comme à long terme.

+ Échanger sur sa passion : Trouver des personnes à qui parler de sa passion, qui prêteront une oreille attentive. Être un romancier qui ne peut parler de littérature avec personne, un dessinateur dont personne ne voit les croquis, cela engendre une intense solitude qui peut vous briser. Si possible, trouver non seulement des personnes à l’écoute, mais aussi des personnes qui partagent la même passion. Essayez d’échanger sur votre passion au moins une fois par semaine, cela vous remontera vraiment le moral. Ces échanges peuvent se faire par le biais d’internet, mais un échange virtuel ne sera jamais aussi intense et apaisant qu’un échange réel. Si internet est la seule source d’échanges, privilégier la communication par chat vocal ou vidéo.

+ Vivre dans le présent : Se dire « Quand je serai créatif à plein temps, alors je serai vraiment heureux », ça ne fonctionne pas. Nous voulons vivre heureux, maintenant. Et pas seulement quand nous créons, parce qu’alors même quand nous serons créatifs à plein temps, nous ne supporterons pas tout le temps passé à faire des tâches administratives, domestiques, à manger, dormir, conduire, être avec ses proches. C’est la clé : il nous faut être heureux même quand nous ne créons pas. Se concentrer sur la seconde présente, contempler, respirer, éprouver de la gratitude. C’est la chose la plus difficile et la plus rentable au monde.

Si vous souffrez, parlez-en. Parlez-en à nous dans les commentaires, à moi personnellement, parlez-en à vos proches, faites-vous aider par des professionnels. Parler de la souffrance est la première étape pour la faire disparaître, en dissiper l’illusion, ou accepter de vivre avec.

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