Coelacanthes

Vous êtes accros à la noix, une drogue végétale
qui vous plonge dans une cascade de cauchemars forestiers, un monde abominable qu’on nomme Millevaux.

Cette expérience vous mènera au bout de vous-mêmes,
de vos hantises et de vos secrets les plus intimes,
au bout d’un enfer aussi douloureux que fascinant.

Allez-vous trouver comment vous échapper
de ces donjons végétaux retors ?

Allez-vous assumer la part de délice
de ces fantasmagories ?

Allez-vous sauver le monde
des immondes créatures préhistoriques
qui remontent depuis la nuit des temps ?

Ou allez-vous sombrer ?

Mangez la noix, et vous saurez.

 

 

Au terme d’une gestation un peu douloureuse, le nouvelle progéniture de l’univers de Millevaux est née.

Cœlacanthes est un jeu de rôle inspiré de Carcère, jeu de rôle oniro-punk de Batronoban. Au départ, il s’agissait d’une commande de la part de Batronoban, qui souhaitait une mini-campagne Millevaux pour Carcère et j’ai voulu faire quelque chose d’aussi jusqu’au-boutiste que le scénario L’Enfant Dissocié qu’avait fait Christophe Siébert pour Mantra (le jeu dont Carcère est une revisitation). Au final, j’ai voulu accompagner le texte d’un système embarqué (très proche de celui de Carcère dans ses bases) et une chose en entraînant une autre, j’ai explosé le signage demandé. Si Cœlacanthes reste entièrement compatible avec Carcère, c’est désormais avant tout un jeu de rôle à part entière. Plutôt un hack qu’un supplément si l’on veut employer des termes techniques.

Cœlacanthes propose l’expérience suivante :

+ C’est une expérience extrême (intime, gore, sexuelle) mais sécurisée et modulaire ;
Dans ce jeu, tout le monde va se mettre en danger, la Magicienne (autrement dit la personne qui fait meneur de jeu) aussi bien que les joueuses. Dans sa version non-censurée, vous allez vous jouer vous-même, y compris la Magicienne, et tous vous allez mettre votre vie intime sur le tapis. Tout en étant plongées dans un univers cauchemardesques façonné par vos traumas, vos rêves et vos fantasmes, et perverti par une contamination organique et des pulsions folles. Vous allez parler de vous, vous allez vous toucher, vous allez être confrontées dans la fiction à de la nudité, du sexe (consenti ou non, avec des personnes, des animaux et des monstres de tous âges), vous allez connaître la fécondation et l’accouchement, vous allez patauger dans la merde, vous envisagerez le suicide et vous évoquerez la mort de personnes qui vous sont proches.
Mais hors de question d’aller aussi loin sans prendre ses précautions. C’est pour cela que la Magicienne s’expose autant que les joueuses. C’est pour cela qu’on peut s’extraire à tout moment d’un cauchemar et qu’une autre joueuse vous accompagnera aussitôt pour vous parler. C’est aussi pour cela que tout est modulaire, que tout ces thèmes-choc peuvent être censurés, supprimés sans que ça empêche le jeu de tourner. Coelacanthes passera juste d’un jeu d’horreur organique existentielle et intime à jeu d’horreur onirique et symboliste plus grand public.

+ C’est un donjon dont chaque pièce est un monde ;
Ce jeu a été écrit comme un méga-donjon, terme qui évoquera sans doute quelque chose à ceux d’entre nous les plus amateurs d’OSR (le retro-gaming rôliste). Il emprunte aussi aux jeux dont vous êtes le héros (pas ceux avec des chiffres et des dés, ceux qui étaient seulement basés sur des choix narratifs) et aux jeux vidéos point and click : vous pouvez parcourir et résoudre tous les cauchemars sans jamais avoir à lancer les dés pour laisser le hasard trancher. C’est un donjon qui exploite ma conception du vertige logique avec un jeu géométrique autour du concept de portes-monstres-trésor. Le jeu se joue en die and retry (allant de morts à la chaîne de personnages jusqu’à la possibilité de sauvegarder ou de recommencer les cauchemars plusieurs fois). Les traditionnelles pièces sont remplacées par des zones dont certaines peuvent être de véritables mondes à part entière qu’on peut explorer à loisir. Le temps s’écoule différemment d’une zone à l’autre. Et des ponts existent d’un cauchemar à l’autre, de même que la géographie entière de certains cauchemars peut être revisitée. Pour finir, l’intervention fréquente de pratiques de jeu en grandeur nature complète l’aspect expérimental et véritablement ludique de Coelacanthes.

+ C’est un brouillage complet de la réalité :
Beaucoup du mérite de Cœlacanthes revient à Batronoban et à ses expérimentations rôlistiques. Une des choses qui m’a le plus intéressé, c’est le jeu que lui et ses collaborateurs opèrent entre la fiction rôliste et notre réalité, dans les jeux de rôles Mantra et Carcère. Cœlacanthes tente de poursuivre cet effort. C’est un jeu de rôle très corporel, presque un american freeform, où on va souvent être debout, on va mimer certaines actions des personnages. Un peu sensuel aussi. Les fameuses noix cauchemardesques sont présentes à la table de jeu et nous allons vraiment les manger. Des fantasmagories purement imaginaires vont se mêler à des références constantes à la vie privée des joueuses et de la Magicienne. En tant qu’auteur, je ne suis pas en reste, puisque je me suis à nu dans cet ouvrage. Les cauchemars traitent de mes obsessions les plus directes. Les joueuses vont être désorientées progressivement. Qui est le personnage, et qui est la joueuse ? Qui joue et qui est joué ? Sommes-nous dans des rêves, Millevaux est-il un enfer réel ou fantasmé, sommes-nous dans Millevaux ou dans notre monde ? Des questions qui seront difficiles à trancher. Coelacanthes ouvre une nouvelle dimension du vertige logique, en incluant notre réalité personnelle au jeu des mondes gigognes.

Mysko s’est généreusement offert de réaliser les illustrations. Son style à la fois direct et tourmenté, poétique et viscéral a parfaitement rendu l’urgence et la folie, mais aussi l’empathie réelle que le jeu a pour les joueuses. Il a également délivré toutes les illustrations en double, une version couleur et une version noir et blanc, ce qui a permis de faire deux versions du livre et du PDF, pour toutes les bourses.

Comme le jeu de rôle est un média jeune et ludique, il connaît des débats sur la censure qui lui sont spécifiques. Coelacanthes sera peut-être partie une cible de ce débat. Pour tout dire, cela a déjà commencé avec cet article du Puzzle de Fauveau qui le qualifie ainsi (d’après la relecture d’une version antérieure) : « Je n’en dirai pas grand chose à part que c’est probablement l’objet rôlistique le plus extrême que j’ai eu entre les mains et certainement quelque chose de complètement bouleversant ».

On parle de sexe ou de violence gratuite, on parle rarement d’amour gratuit ou de beauté gratuite. Coelacanthes est un jeu de rôle pornographique dans le sens où il assume ses sujets sans chercher à les sublimer ou les mettre au service de sujets supposément plus nobles. Il est vulgaire dans le sens ou la vulgarité et l’indécence font partie de sa nature. Et puis il y a aussi de l’amour gratuit et de la beauté gratuite dedans. Car ça va naturellement ensemble, et c’est un jeu sur la nature, la nature autour de nous, et la nature humaine, dans ce qu’elles ont de pire et de meilleur.

Je pense que j’aurai toujours du mal à assumer Cœlacanthes justement parce qu’il est sincère, mais je pense que Cœlacanthes s’assume très bien. Il nous invite à exprimer ce que nous avons de plus noir, et le faire dans une forme de volupté, car c’est aussi un jeu de rôle sur la libération sexuelle, et sur la libération mentale. Mais il ne vous prendra pas pour des victimes. Ce jeu est quasiment un Rolemaster de la sécurité émotionnelle et tout est fait pour chacun et chacune soit aussi protégée qu’elle le souhaite, y compris quand on veut justement aller le plus loin possible.

C’est un jeu d’horreur, c’est un jeu intime, c’est un jeu-expérience, c’est fait pour jouer avec ses émotions fortes.
Mais c’est aussi un jeu tactique, un jeu speed où tout se bouscule à cent à l’heure, un jeu jouissif et drôle.
C’est enfin et surtout un jeu social, où l’on va apprendre à mieux se connaître, un jeu feelgood où on va triompher ensemble d’une expérience forte, qui nous laissera avec un sacré goût dans la bouche : celui de recommencer.

Ressources

La page associée au jeu

Formats

Livre couleur en impression à la demande, à prix coûtant
Livre noir et blanc en impression à la demande, à prix coûtant
Livre artisanal, à prix libre
PDF couleur, en libre téléchargement
PDF noir et blanc, en libre téléchargement
PDF texte pur, en libre téléchargement
Version traitement de texte, en libre téléchargement

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Illustrations par Mysko

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