Ce qu’on fera plus tard

Qu’allons-nous faire dès à présent ? Qu’allons-nous remettre à plus tard ? Bien distinguer les deux est crucial. Cette distinction repose sur la conception, l’engagement, l’importance.

 

Quand nos obligations se superposent, quand nous avons accumulé trop de départs de feu, quand les imprévus se multiplient, nous parvenons à un constat : nous n’allons pas pouvoir tout faire en même temps.

Quand on veut être créatif, c’est souvent une source de stress et de découragement. Pourtant, c’est un fait inéluctable. La somme de nos projets sera toujours supérieure à ce que nous pouvons accomplir dans l’instant présent.

Alors, il faut choisir. Reporter au lendemain. Ce n’est pas forcément un problème. C’est toujours une nécessité.

 

Nous pouvons commencer par organiser cette délégation à la personne que nous serons demain. Tenir un journal des tâches. Pour que reporter ne signifie pas oublier. Nous pouvons donner la priorité à la conception sur la réalisation, noter d’abord nos idées pour les réaliser plus tard. Les idées sont des choses fugaces, on ne peut pas envisager qu’on les aura plus tard, et même la création en impro se base sur une forme de préparation. La réalisation, elle, peut être reportée.

Nous pouvons déléguer à d’autres personnes. Ces idées que nous notons, d’autres ne peuvent-elles pas les réaliser plus vite et mieux qu’à notre place ? Nous pouvons collaborer avec d’autres, ou léguer nos idées à des personnes qui en feront un usage. Car les idées n’appartiennent à personne. Nous ne les avons pas inventées, ces idées, elles sont juste un résultat de nos expériences. Léguer nos idées ne nous appauvrit pas, car aussi longtemps que nous aurons des expériences, nous aurons de nouvelles idées. Les partager nous enrichit.

 

Pour savoir quelles œuvres attendront et quelles œuvres doivent être poursuivies de suite, regardons par le filtre de l’engagement. Auprès de qui nous sommes-nous engagé à faire cette œuvre ? Dans quel délai ? Prenons aussi en compte les engagements auprès de nous-mêmes ! Quels engagements peuvent être renégociés ? Quelles œuvres n’avons-nous promises à personne ? Celles-là peuvent être reportées dans les jours, les mois, les années à venir.

 

Nous pouvons aussi préparer ce lendemain. Ainsi, la personne que nous serons plus tard aura bien le temps, l’engagement et l’énergie pour réaliser ce que nous n’avons pas le temps de faire aujourd’hui. Nous pouvons prémâcher le travail avec un tableau de bord tout fait. Nous pouvons aussi préparer un emploi du temps moins chargé pour les jours, les mois et les années à venir. Cela passe par l’arrêt de certains engagements. Un engagement est une chose importante, parfois sacrée. Pour respecter la notion d’engagement, il nous faut en prendre le moins possible.

 

Pour préparer ce qu’on fera plus tard, nous en venons à la question de ce qu’on ne fera plus. Lesquelles de nos activités apportent le moins de valeur à nos vies ? Celles-là devront cesser progressivement, au profit de nouvelles activités.

 

Mais il est une chose qu’on ne devrait pas négocier. Une chose qu’on ne doit pas remettre à plus tard, car elle est ce qui justifie tout le reste. Et ce n’est pas de la créativité. Ou c’en est la forme la plus pure.

Nos proches. La vie. La respiration.

Ne les remettons pas à plus tard.

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