Catharsis-thérapie

Un article invité de Madame C.

Après avoir obtenu une licence Arts Plastiques, j’ai décroché mon Diplôme Universitaire d’Art-thérapie à la Faculté de médecine…. Je l’ai eu avec « Mention très bien et félicitations du jury » ….Ça résonne encore dans ma tête de façon étrange… Cette fois, je ne pouvais pas dire que ce n’était pas assez bien, car je ne pouvais pas avoir un meilleur résultat que celui ci !!! Je me suis rabattu le caquet à moi même pour le coup, moi l’éternelle insatisfaite… J’avais enfin réalisé quelque chose qui me correspondait avec brio, moi qui ai souvent l’impression de ne pas faire les choses avec conviction, de ne pas me distinguer, de ne pas m’affirmer…J’avais été embauchée déjà deux mois avant ma soutenance pour mon premier poste d’art-thérapeute, et un deuxième est venu le compléter quelques mois après… Voilà, c’était parti pour la vie professionnelle !
Ce fut un pas déterminant sur le chemin de la confiance en soi, qui encore aujourd’hui me fait parfois défaut.

Apporter de l’aide aux gens en situation de souffrance par le biais de l’Art … Il me semble que je n’aurais pas pu trouver plus parfaite alchimie…. On appelle ça l’Art-thérapie… Moi qui ai toujours rêvé de faire un métier qui me plaisait, je n’aurais pas pu trouver quelque chose en si belle adéquation avec moi- même !
J’ai toujours eu très peur de passer ma vie dans un boulot qui ne plaisait pas, en attendant ma retraite avec frustration… Ouf, là dessus, je n’en ai fait qu’à ma tête pour éviter cela, et c’est heureux !Finalement, on ne sait pas voir l’ambition là ou elle se trouve !!!

Et puis, peu après, quelque chose qui a changé ma vie, d’une violence particulière, admettons-le… Mais le pourquoi du comment importe peu… Il se trouve qu’aujourd’hui, j’ai l’impression que ma vraie vie débute à peine, celle ou je peux enfin oser être moi…
Le sentiment a été le suivant : Tout s’offre soudain à vous, la cage s’ouvre enfin mais, étrangement, vous ne savez même pas où aller, où donner de la tête, quelles sont vos envies ou encore qui vous êtes profondément… Sur le moment ça paraît quelque peu vertigineux, on ne sait, malgré l’euphorie qu’elle provoque, que faire de sa liberté…. C’est soudainement trop et on se sent perdu dans ces millions d’envies et par les inhibitions qui, elles, sont toujours présentes à force d’années de conditionnement (poids de l’enfance et des autres vécus qui suivent.)

Aujourd’hui, une à une, les inhibitions semblent s’en aller, je vais toujours un peu plus loin. Mais, il me semble que chaque pas me coûte quand il s’agit de faire des projets personnels ou tout autre démarche qui me semble relever de l’inconnu… En gros je fais les choses mais je dois me donner des coups de pieds au cul pour le faire. C’est décidément difficile d’être soi, et plantée en face de soi même, mais finalement on en devient plus fort et plus convaincu chaque jour !

Mes derniers projets ont été de me faire un statut auto-entrepreneur afin d’élargir mon public en art-thérapie . Rien de bien exceptionnel, me direz-vous. Par contre, manque de chance, les démarches ont été plus que compliquées que prévu, faute à une désorganisation générale du système administratif. Je fais encore de la paperasse pour être en règle, et pour être tranquille. Ça fait plus de 7 mois maintenant, et j’ai cru que j’allais tout laisser tomber, tellement les démarches, qui devaient être simples et rapides à la base se sont transformées en un véritable parcours du combattant !!! Parfois, je pense que la simplicité ne m’a pas été offerte pour m’apprendre à relativiser…. Mais mon chemin d’art-thérapeute en statut auto-entrepreneur débute tout doucement mais sûrement, il ne me reste plus qu’à me vendre, ce que je déteste bien entendu faire, car ce n’est pas quelque chose de bien naturel chez moi . Cela nécessite de s’affirmer, c’est a dire surmonter ses doutes et ses peurs pour paraître convaincant… Mais ce qui importe le plus pour moi, c’est renforcer cette conviction que j’ai pour l’utilité de mon métier et pouvoir la partager.

Artistiquement, j’ai conscience d’être encore assez inhibée également. Je me cherche encore, je tâtonne… Beaucoup d’envies, mais peu de réalisations, et peu de réelles satisfactions… Je ne suis pas particulièrement productive, car même si je peux avoir du temps, je ne l’exploite pas forcement pour mes réalisations artistiques ! Parfois je me sens comme figée… Comme je lisais dans le premier article de Outsider, on a toujours une bonne raison de faire autre chose !!!!
Cependant, j’ai entamé un projet qui me trottait dans la tête depuis plusieurs années et je me suis enfin décidée à le faire il y a quelque mois… L’univers du conte , du rêve et de l’enfance m’a toujours attirée, ainsi que l’illustration. Je souhaitais réaliser un conte, mais n’étant pas particulièrement douée en écriture, je ne trouvais pas l’écrivain en question qui me permettrait de réaliser enfin ce projet… Et puis il est également vrai que jusqu’alors, j’avais du mal à assumer cette attirance pour les choses d’apparence jolies, douces et enfantines ! Je n’avais pas exprimé ce côté de moi, même après 3 ans de fac d’art-plastiques !
Le destin a voulu que je croise ma chère Plume… Elle a un cœur en guimauve et ça me convient très bien car nos univers se rassemblent sans problème et m’a quelque peu décomplexé sur mes affinités !
Alors c’est parti pour la conception d’un merveilleux conte philosophique dont le héros est un gros monstre tout rond et bonne pâte qui va se confronter aux réalités de la nature humaine… Il bouffe les sacs de douleurs des autres …
Ce conte, quand il sera fini, et bien je pourrai vous dire, que je serai FIERE de moi…..

Faire des choses qui nous tiennent à cœur, aussi lentement qu’on les fasse, c’est quand même faire les choses. C’est indispensable pour se construire et traverser la vie plus sereinement… pour moi, l’Art est une manière douce mais intense de se construire, de se connaître et de s’affirmer…

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