Viser la pratique plutôt que la réalisation

Ce qui nous empêche de créer, c’est souvent que nous craignons de ne pas être capable de réaliser l’œuvre dont nous rêvons. Ou même si nous nous en pensons capables, nous nous décourageons face à la masse de travail que cela va nécessiter.

Alors, nous ne commençons pas, ou nous arrêtons en cours, nous rangeons notre œuvre dans un tiroir et elle ne verra jamais la lumière du jour.
Le problème, c’est qu’une œuvre n’est jamais finie.

Un écrivain verra toujours des choses à corriger. Flaubert a écrit de nombreuses versions de son roman L’Éducation Sentimentale. Un enseignant aura toujours des choses à apprendre à ses élèves, de ses élèves. Un urbaniste n’aura jamais fini de construire une ville. Par conséquence, l’ambition de terminer une œuvre est une forme de motivation à créer qui est à double tranchant. Nous ne terminons jamais une œuvre. Nous pouvons juste décider qu’à un moment elle est assez grande pour vivre sa propre vie.

Puisque le but de la créativité est de s’exprimer, l’erreur fréquente est de croire que nous ne pourrons nous exprimer que quand notre œuvre sera finie. C’est une erreur parce que nous pouvons communiquer sur notre œuvre avant que nous la déclarions terminée, mais aussi après.
Mais surtout, il nous faut comprendre que nous nous exprimons à chaque minute où nous créons.

La créativité nous rend service à chaque minute de la création, dans le sens où nous nous exprimons à chaque minute, que nous ayons un public ou non.

Vu sous cet angle, terminer ou non n’a plus autant d’importance.

Ce qui compte, ce n’est plus de terminer, c’est de commencer.