Wonderland

(illustration : Sir John Tenniel, domaine public)

Dans Wonderland, on incarne des personnes qui explorent un réseau de réalité virtuelle appelé Wonderland. C’est de l’anticipation, autrement dit ça se passe de nos jours, avec un saut technologique et sociétal en ce qui concerne internet : Wonderland est devenu le réseau social dominant, supplantant Facebook, G+ et consorts. Ce réseau social ne fonctionne pas comme un site internet mais comme un jeu en ligne massivement multi-joueurs, à ceci près qu’il regroupe plus d’un milliard d’usagers. Le réseau s’inspire graphiquement de l’univers de Lewis Caroll et de ses romans, Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du miroir. C’est un site englobant car tout ce qu’on peut faire sur internet, on peut le retrouver dans Wonderland, juste relooké : consulter ses mails, utiliser des services bancaires, faire ses achats en ligne, aller sur un site de rencontre, faire des jeux en ligne. Wonderland est censé être le réseau le plus sécurisé (comprendre, censuré) au monde : la violence y est impossible, ou alors circonscrite à certaines zones du monde de Wonderland (notamment, des champs de bataille qui correspondent à l’activité des jeux massivement multi-joueurs), et quant au sexe, il est limité aux baisers et aux câlins. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de limite d’âge pour s’inscrire : enfants et adultes se côtoient sur Wonderland.

Technologiquement, Wonderland est juste un immense jeu en ligne aux graphismes impeccables. Mais du point de vue de l’expérience, les gens qui s’y connectent ont l’impression d’être dans une réalité virtuelle totale : ils sont coupés de leur corps réel et ressentent totalement le monde de Wonderland : par la vue, par l’ouïe, mais aussi par l’odorat, le goût et le toucher. Tout ça, c’est ce que les initiés appellent la Face Blanche de Wonderland. Parce que les initiés savent qu’il y a une Face Noire. Niveaux cachés, backdoors de hackers, sites pirates, microcosmes craftés échappés au contrôle, bugs de la matrice, coursives de développeurs ou véritable service occulte pensé par la société mère, il y a tout un monde, ou plutôt des grappes de mondes auxquelles on accède par des portes dérobées depuis la Face Blanche. Si la Face Blanche est aseptisée, bien-pensante , cartoonesque et colorée, la Face Noire est une réplique sombre de la Face Blanche. Elle suit toujours les thèmes d’Alice au Pays des Merveilles ou en fait une lecture adulte. Dans la Face Noire, tout est permis : violence, pornographie, extrémisme politique et religieux. La Face Noire est vraiment étrange : il semblerait qu’on peut aussi y accéder directement depuis le réel par des logs pirates, ou en rêvant, en hallucinant ou en se droguant.

Wonderland est un jeu sur la réalité virtuelle, sur internet, les réseaux sociaux, les addictions, la perte de notion du réel, l’identité, les métamorphoses, la solitude, la transgression et la subversion, la perte de l’innocence. Les joueurs incarnent des habitants d’une même  grande ville, des proies, des prédateurs ou des protecteurs dans toutes les dimensions du réel : la vraie vie, la Face Blanche, la Face Noire, les rêves, les trips psychotropes et les hallucinations. Pour finir avec mes intentions de jeu, je dirai que c’est plutôt du jeu en campagne, que le contenu (sexe, violence) sera adaptable au public et qu’il y aura deux modes de partage des responsabilités (un partage serré et un partage large).

Ressources :

Version brouillon, première partie, version traitement de texte

Version brouillon, première partie, version pdf

Version brouillon, deuxième partie, 24/09/16, version tableur

Version brouillon, deuxième partie, 24/09/16, version pdf

Playlist en écoute libre

Comptes-rendus de partie

1. La Salle de rencontres de la Reine de Coeur
(premier test de Wonderland)

2. Faux Semblants
(Nouveau playtest en conditions extrêmes)

3. La Pince du Homard
(Le vagabondage des narrations partagées)

4. Le Détoxificateur
(Combattre en empilage de faits)

5. Tribunal Morse
(La difficulté d’éviter les thèmes-choc)

6. Cardbox
(Révolution du monde et révolution des règles, pour un scénario entre Inception, The Cell, Paprika, Ghost in the Shell, Shutter Island et Les Petits Mouchoirs !)

7. Keyboard Cat
(Enquête tragi-comique, tunnels de dialogues à la Tarentino et réalités dispersées pour cette traque d’un impitoyable serial killer, par la plus foutraque équipe de tous les temps.)

8. La Cuisine du Cauchemar
(Mindfuck à tous les étages dans ce restaurant en crise ; réussite du jeu moral.)

9. La Nouvelle Cuisine du Cauchemar
(On refait La Cuisine du Cauchemar, en jeu esthétique.)

10. Replica
(À trop confondre les personnes,on ne sait plus où est passé la réalité.)

11. La Méthode du Docteur House.
(Quand Docteur House rencontre la Méthode du Docteur Chestel, notre perception du passé et de la vérité vole en éclats.)

12. Hostage Simulator.
La vie comme simulation, attentats contre les rêves, des rôles qu’on alterne sans cesse.

13. Identités aux fripes.

À trop jouer avec ses avatars et la perception de son corps, on se déchire.